S’ils espèrent l’emporter au cours de cette 116e Série mondiale, les Rays de Tampa Bay devront neutraliser les frappeurs des Dodgers de Los Angeles.

Frédéric Daigle La Presse Canadienne

Il ne s’agit pas d’une lapalissade : des 14 matchs disputés en séries jusqu’ici par les Rays, sept fois ils ont accordé trois points ou plus. Leur nombre de victoires en ces occasions ? Deux seulement, face aux Yankees de New York. En série de championnat de l’Américaine face aux Astros, toutes leurs victoires ont été obtenues quand ils ont limité la formation texane à deux points ou moins.

Chaque fois que les Astros ont croisé le marbre trois fois ou plus, ils l’ont emporté.

Ce ne sera pas une mince tâche : les Dodgers n’ont été limités qu’à deux points ou moins seulement deux fois en 12 matchs éliminatoires en 2020.

L’attaque des Dodgers est aussi beaucoup plus diversifiée au cours des présentes séries. Des 57 points inscrits par les Rays, 41, soit 72 %, ont été marqués sur de longues balles. Les Dodgers, qui ne manquent pourtant pas de cogneurs de puissance, n’ont obtenu que 42 % (29 sur 69) de leurs points sur des circuits.

D’ailleurs, la profondeur des Dodgers est peut-être leur plus grand atout pour cette série au meilleur de sept rencontres qui s’est amorcée mardi soir. Du premier au neuvième frappeur du rôle, les lanceurs des Rays n’auront pas de répit : Mookie Betts, Corey Seager, Justin Turner, Max Muncy, Cody Bellinger, Will Smith et Edwin Rios.

L’offensive des Rays est plus discrète

Chez les Rays, Randy Arozarena est tout feu tout flamme et Mike Zunino peut aussi frapper la longue balle, mais ils sont également des candidats au retrait sur des prises. Le reste du rôle s’est fait plutôt discret jusqu’ici : les Rays ne frappent collectivement que pour ,209 et leur moyenne de présence sur les sentiers est famélique à ,295. Tampa Bay ne met tout simplement pas suffisamment la balle en jeu. Chez les Dodgers, ces moyennes se situent à ,256 et ,355, donc largement supérieures, sans être extraordinaires.

Heureusement pour elle, au monticule, la formation de la Floride n’a pas de complexe face à celle de la Californie. Elle compte sur un trio de partants hors pair en Tyler Glasnow, Blake Snell et Charlie Morton. Du côté des Dodgers, on compte sur Clayton Kershaw, capable du meilleur comme du pire en séries, et Walker Buehler, qui ne sera probablement pas disponible avant le match no 3. Jose Urias ou Tony Gonsolin pourrait être sur la butte pour le match no 2. Dustin May a aussi été utilisé comme partant régulièrement par Dave Roberts cette saison, mais sa plus récente performance dans le match no 7 de la série de championnat de la Nationale pourrait avoir miné la confiance du gérant en ses moyens.

En relève, les deux clubs comptent sur des bras puissants qui n’ont pas bousillé beaucoup d’avances depuis le début des matchs éliminatoires. Autant les Rays que les Dodgers seront en confiance s’ils doivent faire appel à leurs releveurs avec une avance, aussi mince soit-elle, à compter de la sixième.

Les frappeurs des Dodgers pourraient toutefois forcer le gérant des Rays Kevin Cash à se tourner plus rapidement que souhaité vers sa relève : ils ont fait preuve de beaucoup plus de patience au bâton depuis le début des séries et sont maîtres dans l’art de faire grimper le compteur de lancers des partants.

D’ailleurs, l’expérience des Dodgers pourrait compter pour beaucoup dans cette Série mondiale. Ils en sont à leur troisième finale en quatre ans, et aucune situation ne semble les inquiéter. Même quand ils se sont retrouvés en déficit 1-3 face aux Braves d’Atlanta au tour précédent, les Dodgers ont toujours semblé en contrôle. À tout le moins, ils n’ont pas démontré de signe de panique.

Roberts y est d’ailleurs allé d’une rare démonstration d’enthousiasme à la fin de la série de championnat de la Nationale quand il a déclaré en ondes que 2020 était « l’année des Dodgers », que rien ne « pouvait (les) arrêter ».

Les Rays sauront-ils le faire mentir ?