Les deux meilleures équipes du baseball majeur en viendront aux prises à compter de mardi soir en Série mondiale.

Frédérick Duchesneau Frédérick Duchesneau
La Presse

C’est seulement la quatrième fois depuis le début de l’ère des wild cards, en 1995, que les formations ayant terminé au sommet de leur ligue respective en saison atteignent la limite.

Les Dodgers de Los Angeles (43-17), qui connaissent déjà bien le Globe Life Field d’Arlington, au Texas, après y avoir joué sept jours consécutifs contre les Braves d’Atlanta, attendent de pied ferme les Rays de Tampa Bay (40-20) et leur solide personnel de lanceurs.

Cette fois sera-t-elle la bonne pour les Dodgers ? Le club californien a flirté avec les grands honneurs en 2017 et en 2018, échouant en toute fin de parcours. Il n’a pas remporté la Série mondiale depuis 1988, alors que l’équipe du légendaire Tommy Lasorda avait battu aisément les Athletics d’Oakland du non moins légendaire Tony La Russa. Les Dodgers ne comptent que 6 succès en 20 présences en finale, si l’on inclut leur période brooklynoise.

Quant aux Rays, ils ne se sont rendus au tour final qu’à une occasion. En 2008, contre les Phillies de Philadelphie, ils s’étaient inclinés en cinq matchs. Ils sont l’une des six équipes à n’avoir jamais remporté le titre. Les autres ? Les Rockies du Colorado, les Brewers de Milwaukee, les Rangers du Texas, les Padres de San Diego et les Mariners de Seattle.

Seager et compagnie

Dans le camp des Dodgers, l’arrêt-court Corey Seager vient de connaître une série exceptionnelle contre les Braves. En sept matchs, cinq circuits, 11 points produits, moyenne au bâton de ,310. Évidemment, il a été nommé joueur par excellence de ce championnat de la Ligue nationale. Dans la catégorie « ça allait de soi ».

Ses six circuits et ses 15 points produits depuis le début des séries éliminatoires sont déjà des records de concession pour une saison. L’ancienne marque de cinq circuits datait de 1978 (Davey Lopes). Et Justin Turner avait enregistré 14 points produits, il y a trois ans.

Cody Bellinger a aussi laissé sa marque à sa façon, devenant dimanche le premier joueur de l’histoire à frapper la longue balle dans un septième match de série de championnat de la Ligue nationale deux années différentes.

Cody Bellinger, Will Smith et Max Muncy ont fait marquer 18 points à eux trois contre les Braves d’Atlanta, malgré de faibles moyennes au bâton.

« Ce sera une série le fun », a laconiquement commenté Bellinger, voltigeur de centre de L.A., après la victoire des siens contre Atlanta.

Le sera-t-elle pour l’as lanceur Clayton Kershaw ? Celui qui continue à traîner l’étiquette de lanceur de saison a donné quatre points mérités en cinq manches à sa seule présence contre les Braves. En carrière, en saison, il présente un dossier extraordinaire de 175-76 avec une moyenne de points mérités de 2,43. En séries : 11-12 et 4,31. Il a de nouveau l’occasion de faire taire ses détracteurs.

Un enclos méconnu… mais dominant

Les Rays aussi ont coiffé leurs adversaires, les Astros de Houston, au terme de sept rencontres. Mais ils ont eu chaud, eux qui menaient la série 3-0.

Offensivement, les Rays ne font pas jaser autant que leurs adversaires de la Série mondiale. Randy Arozarena et Manuel Margot ont continué sur leur lancée, mais leur alignement ne possède pas la puissance de frappe des Dodgers.

Au monticule, par contre, ce sera intéressant. En particulier du côté de l’enclos. Malgré une absence de vedettes, le comité de releveurs des Rays a été dominant depuis le début de la saison. Douze lanceurs différents ont signé au moins un sauvetage pendant le calendrier. Le gérant Kevin Cash fait preuve d’une grande confiance en ses releveurs, comme en fait foi la gestion de son personnel de lanceurs.

Les Rays comptent également sur de bons partants en Tyler Glasgow — qui entamera le premier match —, Blake Snell et Charlie Morton.

PHOTO GARY A. VASQUEZ, ARCHIVES USA TODAY SPORTS

Tyler Glasnow sera le lanceur partant des Rays de Tampa Bay pour le premier match de la Série mondiale.

Fait intéressant, si les deux adversaires ont signé la meilleure fiche de leur ligue respective, ils l’ont fait avec des moyens très éloignés… Alors que les Dodgers comptent sur la masse salariale la plus élevée des majeures, celle des Rays ne vient qu’au 28e échelon. Seules celles des Orioles de Baltimore et des Pirates de Pittsburgh leur sont inférieures.

Comme lors de la série de championnat de la Ligue nationale, quelque 11 000 spectateurs pourront s’asseoir dans les gradins du stade des Rangers du Texas, qui accueille la Série mondiale.

Le coup d’envoi de la Série mondiale sera donné ce mardi à 20 h 09 précises.