Une série Houston–Tampa Bay, c’est moins aguichant que ne l’eût été un duel Houston–New York. Mais les Rays méritent pleinement leur présence en finale de championnat de la Ligue américaine.

Frédérick Duchesneau Frédérick Duchesneau
La Presse

La série Tampa Bay–New York s’annonçait comme la plus serrée des quatre quarts de finale, et c’est bien ce qui est arrivé. Il s’agit de la seule à s’être rendue à la limite des cinq rencontres, décidée en fin de huitième manche du match ultime.

Le partant Gerrit Cole, dans le camp new-yorkais, a été l’un des meilleurs lanceurs des 25 dernières années en séries. Il a continué cette domination vendredi soir, n’accordant qu’un point – un circuit en solo à Austin Meadows –, mais ce ne fut pas suffisant. Le quatuor de lanceurs des Rays – aucun des quatre n’a lancé pendant plus de deux manches et deux tiers – a limité les Yankees à un circuit en solo d’Aaron Judge en quatrième. Puis, Mike Brosseau en a aussi sorti contre l’as Aroldis Chapman, conduisant les Rays à leur première série de championnat de l’Américaine en 12 ans. Trois points sur trois circuits en solo, donc.

Correa déchaîné

La série de championnat de l’Américaine opposera ainsi les Rays (40-20) et les Astros (29-31), mal-aimés depuis le scandale des vols de signaux dévoilé à la fin de la saison 2019. Astros qui, rappelons-le, ont remporté la Série mondiale en 2017 et perdu en finale face aux Nationals de Washington l’an dernier.

Alors, à quoi s’attendre de cette série ?

Les Astros, leur fiche en fait foi, ont connu une saison difficile. Mais ils ont maintenant une fiche de 5-1 en après-saison.

PHOTO ASHLEY LANDIS, ARCHIVES ASSOCIATED PRESS

Carlos Correa, des Astros de Houston, lors d’un duel face aux Athletics d’Oakland, le 8 octobre dernier

Ils profitent entre autres des séries extraordinaires de l’arrêt-court Carlos Correa, qui a continué sur sa lancée contre Oakland. Correa est le meilleur frappeur des majeures en ce moment. Rien de moins. En six matchs, il a frappé pour ,500, avec 4 circuits et 12 points produits. Il a également soutiré 6 buts sur balles. Résultat des courses : un taux de présence sur les sentiers ahurissant de ,615.

Michael Brantley, Jose Altuve, George Springer et Kyle Tucker ont de leur côté produit 22 points à quatre. L’excellent personnel de lanceurs des Rays en aura plein les bras.

Après une saison difficile, donc, Houston a atteint sa vitesse de croisière au moment-clé.

Mais les Rays ont de quoi museler les frappeurs texans. Ils ont signé la deuxième moyenne de points mérités de l’Américaine en saison. En séries, ils occupent le troisième échelon à ce chapitre – derrière deux équipes éliminées au premier tour –, et ce, bien qu’ils aient eu à subir l’alignement redoutable des Yankees pendant cinq matchs. C’est tout dire.

PHOTO GARY A. VASQUEZ, ARCHIVES USA TODAY SPORTS

Brandon Lowe, des Rays de Tampa Bay

A priori, l’attaque des Rays est nettement moins déstabilisante que celle des Astros. Le deuxième-but Brandon Lowe avait connu une excellente campagne, mais il est en panne sèche en séries. Par contre, Randy Arozarena et Manuel Margot sont productifs.

Quoi qu’il en soit, n’oublions pas que les Rays ont présenté la meilleure fiche de l’Américaine au cours du calendrier régulier.

Mais, au risque de se répéter, les Astros ont le vent dans les voiles. Et ils ont le sentiment de jouer contre la Terre entière, ce qui, bien canalisé, peut s’avérer un élément de motivation supplémentaire.

Les deux clubs ne se sont pas rencontrés en saison régulière. Ils s’étaient affrontés en série de divisions l’an dernier, Houston l’emportant en cinq matchs.

La série, au meilleur de sept rencontres, se tiendra au Petco Park de San Diego. Ça commence ce dimanche, à 19 h 37.

À noter qu’il n’y aura pas de spectateurs dans les gradins à San Diego, contrairement au championnat de la Nationale, qui se tient à Arlington, au Texas. Le baseball majeur n’a pas obtenu la permission de vendre des billets de la part des autorités californiennes.

Les présentes séries sont jouées en territoire neutre pour la première fois, en raison de la pandémie de COVID-19.

40 jours sans COVID-19

À ce sujet, le bureau du commissaire du baseball majeur a par ailleurs annoncé vendredi que la ligue en était à son 40jour consécutif sans test positif à la COVID-19, son 48e au cours des 49 derniers jours.

Au cours de la semaine, aucun des 8096 échantillons n’est revenu du laboratoire avec un résultat positif.