Sur papier, Los Angeles et Atlanta étaient trop forts pour San Diego et Miami. Les chiffres et la logique ne prévalent pas toujours en fin de compte. Cette fois-ci, oui.

Frédérick Duchesneau
Frédérick Duchesneau La Presse

Mais affirmer que l’on s’attendait à deux balayages serait exagéré. Ni les Padres ni les Marlins n’ont pu enlever ne serait-ce qu’un match au terme de ces séries au meilleur de cinq rencontres. Les Dodgers (43-17) et les Braves (35-25) s’affronteront donc en finale de championnat de la Ligue nationale, avec à l’enjeu un billet pour la Série mondiale.

L.A. atteint pour la 14e fois le championnat de la Nationale, rejoignant ainsi les Cardinals de St. Louis qui détenaient seuls ce record jusqu’alors.

« Les records sont cool, les championnats sont mieux », a dit à ce sujet le troisième-but Justin Turner après la victoire des siens contre les Padres. Encore cette année prétendants très légitimes aux grands honneurs, les Dodgers avaient échoué in extremis en 2017 et en 2018.

Au menu, donc, un duel entre deux équipes qui ne se sont pas rencontrées en saison régulière. Et, plus important, qui ont été dominantes au monticule depuis le début des séries.

Dans le cas des Braves, le mot est faible. En cinq matchs – tous des victoires –, Atlanta n’a alloué que cinq points… tous au cours du même match, le premier de la deuxième ronde contre les Marlins. C’est donc dire qu’ils ont signé quatre jeux blancs !

PHOTO DAVID J. PHILLIP, ASSOCIATED PRESS

Kyle Wright et les lanceurs de Braves d’Atlanta n’ont accordé que cinq points à leurs adversaires en cinq matchs depuis le début des séries éliminatoires du baseball majeur.

Quelques autres données impressionnantes : ils n’ont accordé qu’un seul circuit, ont limité l’adversaire à une moyenne au bâton de ,169 et, pour chaque but sur balles, ils ont enregistré 6,56 retraits sur des prises ! À titre comparatif, en saison régulière, les Indians de Cleveland avaient été les plus forts des majeures à ce chapitre avec 3,96 retraits au bâton par passe gratuite.

Mais mettons un bémol à ces chiffres exceptionnels. Car les Braves ont affronté les Reds de Cincinnati et les Marlins de Miami dans ces cinq matchs d’après-saison. Rien de bien intimidant. Surtout en comparaison avec ce qui s’en vient dans cette série de championnat au meilleur de sept matchs : l’alignement des frappeurs des Dodgers.

Des Dodgers qui ont frappé le plus grand nombre de circuits des majeures en saison, suivis des Braves. Qui ont également marqué le plus grand nombre de points… une fois de plus suivis par les Braves.

Et L.A. a maintenu ce rythme offensif infernal en séries jusqu’ici, trônant dans toutes les principales statistiques collectives dans la Nationale, sauf pour les circuits.

Sur le plan individuel, Mookie Betts ne dérougit pas (,368, 5 doubles, 4 points produits). Cody Bellinger (,316, 1 circuit, 5 points produits), Corey Seager (1 circuit, 4 points produits) et Will Smith (,294, 4 points produits) ont aussi le pied au plancher. La menace peut venir de partout.

PHOTO TIM HEITMAN, USA TODAY SPORTS

Mookie Betts, des Dodgers de Los Angeles

Du côté d’Atlanta, le receveur Travis d’Arnaud, pour ne nommer que lui, est en feu. En cinq matchs, deux circuits et sept points produits.

En résumé, il ne faut donc pas sous-estimer la capacité des Braves à répliquer à la puissance des Dodgers. Mais alors que le personnel de lanceurs d’Atlanta s’est révélé dans ces séries contre des formations peu redoutables offensivement, celui des Dodgers a été le meilleur des majeures en saison et il a poursuivi dans cette veine depuis.

On avait dit la même chose à propos des Padres : grosse commande pour les frappeurs des Braves.

Alors, qui prévaudra cette fois : frappeurs ou lanceurs ? « The name of the game is pitching », entend-on souvent. Difficile de trouver un meilleur cas de figure pour le démontrer que lors de cette série qui se mettra en branle lundi.

Des fans en chair et en os

Il y aura des gens dans les estrades du Globe Life Field d’Arlington pour ce championnat de la Ligue nationale. De vraies personnes.

Environ 11 500 billets étaient offerts pour chaque rencontre, soit un peu plus du quart des 40 518 sièges dans le stade flambant neuf des Rangers du Texas.

Leur coût ? De 40 à 250 $ US l’unité. Pour la Série mondiale, leur valeur grimpera à 75 à 450 $ le billet, moins cher que ce qu’il fallait débourser ces dernières années.

Ces séries sont jouées en territoire neutre pour la première fois, en raison de la pandémie de COVID-19.