Les Blue Jays de Toronto ont obtenu la permission d’amorcer leur camp estival au Rogers Centre, mais l’administrateur en chef adjoint de la santé publique du Canada affirme que d’accueillir des matchs de saison serait « une tout autre histoire ».

Melissa Couto
La Presse canadienne

Les Blue Jays, la seule équipe du baseball majeur établie au Canada, a reçu jeudi la permission du gouvernement canadien d’utiliser son stade à Toronto afin de s’entraîner pendant la pandémie de COVID-19.

Une décision n’a toujours pas été prise à savoir si le Rogers Centre peut accueillir des matchs de saison, ce qui impliquerait du voyagement constant à travers la frontière canado-américaine.

Le médecin Howard Njoo, administrateur en chef adjoint de la santé publique du Canada, a dit vendredi que ce plan pouvait comporter des risques.

« Nous devrions assurément examiner très attentivement quelle proposition sera mise de l’avant par le baseball majeur. Et plus particulièrement par les Blue Jays, a exprimé Njoo. Plusieurs États ont actuellement un niveau d’activité assez élevé à la COVID-19. Je crois que c’est une question de regarder attentivement le plan qui serait proposé. »

Les camps d’entraînement devaient s’amorcer vendredi aux quatre coins de la ligue, mais les Blue Jays sont légèrement retardés, car leurs joueurs et leur personnel se soumettent au processus d’admission et de dépistage à Dunedin, en Floride, dans leur stade d’entraînement printanier.

Le président et chef de la direction des Blue Jays, Mark Shapiro, a mentionné jeudi que deux tests de dépistage négatifs à la COVID-19 seraient nécessaires avant que quiconque monte à bord d’un avion privé en direction de Toronto.

Contrairement à la LNH et à la NBA, qui prévoient de jouer des matchs dans des villes-bulles ou dans un large complexe lorsque leur saison respectivement reprendra, les équipes des Majeures devront voyager pour y disputer des matchs à l’étranger contre des rivaux de section ou des équipes qui correspondent à leur section, mais dans l’autre ligue.

Ce qui veut dire que les Blue Jays devraient voyager à Boston, New York, Baltimore, Tampa Bay, Miami, Atlanta, Philadelphie et Washington. Les équipes de ces villes devraient également venir au Canada en multiples occasions.

« Notre priorité est de protéger la santé et la sécurité de tous les Canadiens, a insisté Njoo. Certes, il y a beaucoup d’aspects que nous devons examiner. Non seulement en ce qui concerne les Blue Jays, mais aussi en matière de risques de faire des allers-retours au Rogers Centre à Toronto. Les Blue Jays sont la seule équipe canadienne des Majeures et ça doit faire partie des aspects à considérer s’ils veulent aller de l’avant avec la saison. »

La saison écourtée de 60 parties doit s’amorcer les 23 et 24 juillet et doit durer 66 jours.

Plusieurs joueurs et membres du personnel des Blue Jays ont récemment été déclarés positifs à la COVID-19. L’équipe a d’ailleurs dû fermer ses installations après qu’un joueur eut montré des symptômes du virus.

La Floride a rapporté jeudi 10 109 nouveaux cas de COVID-19, un sommet, alors que l’Ontario a rapporté 153 nouveaux cas pour le même jour.

Parce que quiconque entrant au Canada pour des motifs non essentiels doit s’isoler pendant 14 jours, le baseball majeur a eu besoin d’une lettre d’exemption de la part du gouvernement fédéral afin de permettre une « quarantaine modifiée ».

La médecin Theresa Tam, l’administratrice en chef de la santé publique du Canada, a indiqué que le modèle d’une quarantaine modifiée allait réduire les risques de voir des joueurs ou des membres du personnel propager la COVID-19 à Toronto.