Le 31 août 2018, Daphnée Gélinas frappait un circuit et récoltait quatre points produits dans une victoire de 8-5 face aux États-Unis, permettant au Canada de remporter la médaille de bronze à la Coupe du monde féminine de baseball. Un peu moins de deux ans plus tard, la Québécoise ne tient rien pour acquis et poursuit son travail en vue de la prochaine édition, prévue en novembre prochain.

agence sportcom

De ses propres dires, Daphnée Gélinas a probablement connu les meilleurs moments de sa carrière lors de ce tournoi présenté en Floride, lui permettant du même coup de rafler le titre de joueuse par excellence de l’équipe féminine canadienne 2018.

« J’ai toujours voulu faire partie de l’équipe nationale et être capable de jouer un rôle clé. D’un point de vue personnel, c’est définitivement les plus grands objectifs que j’ai atteints et c’est plaisant de voir que mes efforts ont été récompensés », affirme la Repentignoise d’origine.

Ses performances sont toutefois loin d’avoir rassasié la joueuse de milieu de terrain. C’est pourquoi, à 23 ans, elle s’est fixé de nouveaux buts en prévision de la Coupe du monde de baseball féminin qui doit se tenir à Tijuana, au Mexique.

Vaincre les Japonaises

« À chaque fois, je sais que c’est à recommencer et ça me permet d’aller chercher le meilleur de mes capacités. Je m’entraîne toujours avec mes objectifs en tête et cette année n’est pas différente. Je sais que nous aurons une bonne équipe et je veux avoir un impact. Mais avant toute chose, je devrai gagner mon poste », confie celle qui souhaite à tout prix vaincre les Japonaises, championnes des six dernières éditions de la Coupe du monde.

« Elles ont une série de 30 victoires consécutives et je sais que nous avons des chances de les battre. C’est passé bien près en 2018 et je pense que nous avons beaucoup de potentiel, surtout avec l’arrivée de quelques bonnes jeunes joueuses. Ça fera un bon mélange avec les vétéranes et je suis confiante. »

Ainsi, Gélinas continue son entraînement depuis la Capitale nationale, et ce, malgré toute l’incertitude qui entoure la tenue de la compétition. « Avec tout ce qui se passe en ce moment, on ne sait pas ce qui peut arriver, mais je serai prête, peu importe quand ça aura lieu », assure celle qui poursuit aussi ses études en technique de physiothérapie tout en occupant un emploi à temps partiel.

Mais elle trouve le temps nécessaire pour se concentrer sur le baseball. « Je suis vraiment chanceuse ! Mon horaire me permet de suivre mon programme d’entraînement et je suis suivie sur une base hebdomadaire par mon entraîneur. J’ai aussi reçu de l’équipement pour m’entraîner à la maison, alors je peux continuer de m’améliorer au point de vue physique. »

Lavallée veut poursuivre sur sa lancée

À l’image de sa coéquipière, la lanceuse Anne-Sophie Lavallée avait fait écarquiller bien des yeux lors de la Coupe du monde 2018, concluant le tournoi avec une fiche de deux victoires et un revers, en plus d’afficher une moyenne de points mérités de 2,80.

« Je garde un bon souvenir de ce tournoi. Nous avions une équipe très jeune et nous avons fait preuve de caractère, particulièrement lors de la finale de bronze quand nous sommes revenues de l’arrière contre les États-Unis », se rappelle Lavallée, également auteure d’un match sans point ni coup sûr contre la formation de Hong Kong en lever de rideau du tournoi.

C’est donc avec impatience que la Bouchervilloise se prépare pour la troisième Coupe du monde de sa carrière. Et heureusement, elle peut compter sur l’aide de son jeune frère pour lui prêter main-forte.

« Pour l’instant, je continue surtout ma préparation physique. C’est plus difficile de faire des exercices directement reliés au baseball, mais je vais souvent me lancer la balle avec mon frère pour faire un peu de simulation. Quand il n’est pas disponible, je vais au parc avec mon panier et je fais des lancers », a-t-elle expliqué.

Tout comme Gélinas, l’athlète de 23 ans a hâte d’enfin pouvoir renouer avec ses coéquipières et d’amorcer le travail en vue de mettre la main sur le titre tant convoité. « On ne sait pas encore quand nous pourrons pratiquer ensemble, mais je sais qu’on aura une excellente équipe. Plus expérimentée et qui peut aspirer à la médaille d’or. »

Forte représentation à prévoir

Lors de la Coupe du monde 2018, Daphnée Gélinas et Anne-Sophie Lavallée étaient les seules Québécoises à s’être taillé un poste au sein de la formation qui compte les 20 meilleures joueuses du pays parmi ses rangs.

L’édition 2020 devrait toutefois être bien différente avec l’émergence de Sena Catterall, d’Alexane Fournier et de Sophy Gagné, qui ont toutes passé l’été 2019 dans le giron de la formation canadienne. À ces noms pourrait s’ajouter celui de la lanceuse Vanessa Riopel, qui serait tentée d’effectuer un retour après cinq années passées loin du monticule.

Cette forte représentation québécoise est loin de surprendre Steve Langlois, coordonnateur du baseball féminin chez Baseball Québec, qui a participé à l’essor du sport chez les filles depuis son arrivée en poste, en 2017.

« Le baseball est de plus en plus populaire chez les jeunes filles et nous mettons beaucoup d’efforts pour améliorer nos programmes et pour leur donner une belle visibilité », affirme celui qui est également mandaté pour diriger les équipes provinciales féminines qui participent annuellement aux Championnats canadiens.

Les chiffres sont d’ailleurs éloquents. Depuis 2017, le nombre d’inscriptions féminines est passé de 2800 à près de 4000 prévues avant le début de la pandémie de COVID-19. De ce nombre, un peu plus de 1000 évoluent dans un programme sport-études ou une concentration baseball. Une réalité impossible sans l’apport constant des nombreux parents qui n’hésitent pas à s’impliquer de près ou de loin avec les diverses associations de baseball mineur.

« Les gens travaillent très fort ! Chaque année, nous effectuons une tournée provinciale avec les joueuses des programmes provinciaux et nous constatons un engouement certain. Ça nous permet ensuite de pouvoir former des équipes entièrement féminines qui compétitionnent entre elles aux niveaux régional et même provincial dans les différents tournois. »

Le tout a de quoi faire rêver l’homme de baseball qui voit grand pour le futur du baseball féminin. « En plus des filles qui sont déjà au niveau national senior, Delika Dumoulong, Ela Day-Bédard, Noémie Letendre et Naïma Bolduc-Show viennent tout juste d’être nommées au sein du programme national des moins de 16 ans. Je pense que c’est réaliste de croire que nous pourrons compter sur six à huit représentantes avec l’équipe nationale sous peu », a conclu Langlois.