C'est l'une des meilleures prestations de lanceurs qu'on ait depuis longtemps en séries éliminatoires.

Marc Antoine Godin LA PRESSE

Le personnel des Giants de San Francisco, après avoir muselé les Cards de St-Louis durant trois matchs de suite pour accéder à la Série mondiale, a été tout aussi pingre face aux Tigers de Detroit.

Certes, on pourra parler des circuits de Pablo Sandoval ou des prouesses défensives du voltigeur Gregor Blanco, mais c'est le rendement des lanceurs qui pèse le plus lourd dans les six victoires qu'ont alignées les Giants, la plus longue séquence victorieuse en séries de leur histoire.

Durant ces six matchs, leurs lanceurs ont maintenu une moyenne de 0,67 et l'adversaire n'a frappé que pour ,178.

C'est l'état de grâce.

Dans les dernières années, la seule performance qui puisse s'approcher un tant soit peu d'une telle domination est celle des Cards en 2006. En cinq matchs de Série mondiale, ils avaient maintenu une moyenne de points mérités de 2,05 et leurs adversaires avaient frappé pour seulement ,199.

Leurs rivaux? Les Tigers de Detroit.

Matt Cain pour en finir

Qui aurait pu prédire que Barry Zito aurait eu le dessus sur Justin Verlander dans le premier match ?

Que Madison Baumgarner et Ryan Vogelsong, aidés par la relève, blanchiraient les Tigers deux matchs de suite ?

Vogelsong l'a fait, samedi, sans nécessairement avoir sa meilleure étoffe, mais en sortant du pétrin quand la situation le commandait.

« C'est ma première Série mondiale, a-t-il dit. J'attends ce moment depuis l'âge de cinq ans. Je n'allais pas le laisser passer sans me battre comme un forcené. »

Et voilà que les Giants veulent régler le dossier dès ce soir en envoyant au monticule Matt Cain, leur meilleur partant cette année. Certes, l'histoire de Cain ne fera pas les délices de FOX comme la démonstration de Vogelsong ou la rédemption de Zito. Mais l'histoire ne vaut jamais la victoire et, avec une moyenne à vie de 1,83 en séries d'après-saison, Cain est le plus à même d'en fournir une aux siens. Les deux gains qu'il a signés jusqu'ici cet automne ont permis aux Giants d'éliminer l'équipe adverse. Il ira pour la passe de trois.

« Parfois on cherche à faire un classement et dire « un tel est mon partant #1, mon #2 », a rappelé le gérant des Giants, Bruce Bochy. Mais de la façon dont nos lanceurs se comportent, nous les considérons tous comme des numéros un. »

Lincecum l'as... releveur

Le seul qui n'ait pas eu des résultats à la hauteur des autres, c'est Tim Lincecum. Bochy l'a donc envoyé en relève, ce qui pourrait s'avérer une décision payante pour l'avenir.

Car Lincecum, qui réintègrera la rotation l'an prochain, a abattu du boulot colossal en relève durant ces séries. Après une saison régulière désastreuse, le double gagnant du trophée Cy Young est en mesure de rebâtir sa confiance en étant utilisé de façon stratégique.

« Je sais que je n'ai pas exactement fait ce que je voulais faire cette année, convient Lincecum. Pouvoir faire quelque chose pour l'équipe - peu importe le nombre de manches que je lance - est le seul objectif.

« Si je dois agir comme filet de sûreté dans ces matchs, c'est ce que je vais faire. »

Ryan Vogelsong, l'un des partants qui a brillé à la place de Lincecum, se réjouit de la contribution qu'a pu apporter le Freak en séries.

« C'est quand les lumières se sont allumées et qu'on s'est retrouvé sur la plus grande scène qu'il a montré à tout le monde de quel bois il se chauffait, a soutenu Vogelsong. Il a lancé de façon incroyable en relève. Il aurait pu être frustré de se retrouver dans l'enclos, mais pas une seconde il ne l'a démontré. »