Après un marathon de 162 matchs en saison régulière et deux sprints éliminatoires couronnés de succès, les équipes les plus méritantes du baseball majeur sont prêtes pour la bataille finale.

David Courchesne LA PRESSE

Dans le coin rouge: les Cardinals de St. Louis, champions de la Ligue nationale et 10 fois vainqueurs de la Série mondiale. Leur dernière conquête du précieux trophée? En 2006.

Dans le coin bleu: les Rangers du Texas, lauréats dans la Ligue américaine pour la deuxième année consécutive. Leur seule présence en Série mondiale s'est soldée par un échec.

Les hostilités commencent ce soir au Busch Stadium avec une confrontation entre le droitier Chris Carpenter, des Cardinals (2-0, 3,71), et le gaucher C.J. Wilson, des Rangers (0-2, 8,04).

Les Cardinals profitent de l'avantage du terrain en vertu de la victoire des représentants de la Ligue nationale 5-1 contre ceux de la Ligue américaine lors du match annuel des Étoiles, le 12 juillet, en Arizona. Wilson y avait justement subi la défaite... un mauvais présage?

Les Rangers voudront venger le revers encaissé contre les Giants de San Francisco l'automne dernier, mais pour atteindre leur ambitieux objectif, les hommes de Ron Washington devront rivaliser d'adresse avec l'équipe de l'heure dans le baseball majeur.

Depuis le 25 août, quand ils accusaient un retard de 10,5 matchs sur les Braves d'Atlanta dans la course aux «meilleurs deuxièmes», les Cardinals ont gagné 30 de leurs 43 rencontres (,698), éliminant au passage les Phillies de Philadelphie et les Brewers de Milwaukee.

Qui l'eût cru?

De leur côté, les Rangers ont savouré le championnat de la division Ouest, puis disposé successivement des Rays de Tampa Bay et des Tigers de Detroit pour atteindre la Série mondiale.

De gros canons

Les deux formations misent sur de l'artillerie lourde en attaque - Albert Pujols, Lance Berkman et Matt Holliday peuvent commettre des dommages irréparables dans le camp des Cardinals.

Entouré de frappeurs aussi dangereux et expérimentés, David Freese (,545, trois doubles, trois circuits, sept points marqués et neuf points produits), nommé le joueur par excellence de la série de championnat de la Ligue nationale, n'aurait jamais imaginé la possibilité de recevoir un tel honneur. «Aucune chance. Pas avec ces gars-là dans notre alignement!»

Les Rangers possèdent cependant toutes les munitions nécessaires pour rivaliser coup pour coup avec les gros canons des Cardinals - et probablement davantage.

Le gaucher Marc Rzepczynski, échangé des Blue Jays de Toronto aux Cardinals le 27 juillet, connaît le refrain. «J'ai affronté les Rangers dans la Ligue américaine et croyez-moi, du premier au dernier frappeur, ils peuvent expédier la balle hors des limites du terrain.»

Parmi ces terreurs, Nelson Cruz cogne tout ce qui bouge par les temps qui courent, auteur d'une moyenne de ,364 accompagnée de 6 longues balles et 13 points produits dans la série de championnat de la Ligue américaine. Comme Freese, on l'a récompensé d'un trophée.

D'où l'importance des lanceurs. Et si les partants des deux équipes ont parfois connu des ennuis depuis le début des séries, ils peuvent remercier leurs collègues de l'enclos.

Vive la relève

Les releveurs des Cardinals ont occupé le monticule pendant plus de manches que les partants (28,2 contre 24,1) dans la série de championnat de la Ligue nationale, avec comme résultat une moyenne de points mérités collective de 1,88 - contre 7,06 pour la rotation.

Les 28 changements de lanceurs - la plupart du temps opportuns - commandés par le gérant Tony La Russa contre les Brewers de Milwaukee constituent d'ailleurs un nouveau record.

Même constat chez les Rangers. Pendant que les lanceurs partants livraient des performances en dents de scie (6,59) contre les Tigers de Detroit, les releveurs sauvaient la mise: une minuscule moyenne de 1,31 comme groupe, assortie de 25 retraits sur des prises en 27,1 manches de travail.

La question: La Russa et Washington peuvent-ils réellement avoir la main aussi heureuse avec leur personnel de releveurs en Série mondiale? Certes, un coup de pouce supplémentaire des partants faciliterait les choses.

Dernier détail: Nolan Ryan, propriétaire principal, président, chef de la direction des Rangers et légende du baseball, prévoit une victoire de ses poulains en six parties...

Prédiction: Rangers en 7