(Moscou) L’Agence mondiale antidopage a indiqué mercredi qu’elle est « extrêmement préoccupée » par la tentative de la Russie d’évincer le président et directeur général de son agence antidopage, qui est reconnu pour son franc-parler, de son poste.

Associated Press

Yuri Ganus pourrait bientôt être congédié, après que le conseil de supervision de l’agence a recommandé que le Comité olympique (COR) et le Comité paralympique (CPR) de la Russie envisagent de le faire en raison d’allégations de fraudes fiscales.

Le président du COR Stanislav Pozdnyakov n’a pas confirmé qu’il procéderait en ce sens, mais a mentionné dans un communiqué qu’« à notre grand regret, nos craintes se sont confirmées ». Aucune date n’a été établie pour annoncer une décision dans ce dossier.

« L’Agence mondiale antidopage est extrêmement préoccupée d’apprendre cette recommandation », a évoqué l’AMA par voie de communiqué. L’AMA a ajouté qu’elle avait soulevé ses craintes à propos d’une « potentielle obstruction » dans les opérations de l’agence russe et qu’elle n’avait pas été rassurée par la réponse du président du comité de supervision Alexander Ivlev.

« La recommandation faite aujourd’hui soulève d’importantes questions relatives à la crédibilité du processus judiciaire dans ce dossier et les motifs derrière cette recommandation », a ajouté l’AMA.

Depuis sa nomination en 2017, Ganus a critiqué à plusieurs reprises les autorités sportives du pays et leur manque de volonté de procéder à des réformes du programme antidopage. Pendant son règne, l’agence connue sous le nom de RUSADA a contribué à de nombreuses enquêtes portant sur des athlètes prestigieux et des dirigeants influents.

Une enquête du vérificateur commandée plus tôt cette année par le COR et le CPR a déterminé que des stratagèmes de dépenses inhabituels et des conflits d’intérêts gangrénaient la RUSADA.

Ganus et les gestionnaires de la RUSADA ont répondu que l’enquête du vérificateur avait été effectuée en secret, qu’elle avait ignoré des preuves importantes et qu’elle porte « les signes probables de fabrication délibérée de fausses preuves ».

Ganus a aussi suggéré que le COR et le CPR pourraient avoir utilisé l’enquête du vérificateur pour obtenir des informations confidentielles sur la manière de procéder de l’agence pour enquêter sur des cas de dopage.