Trois suggestions de divertissement sportif à consommer avant les beaux jours de mai et qui s’inséreront savamment dans une conversation mondaine estivale.

Simon-Olivier Lorange Simon-Olivier Lorange
La Presse

Last Chance U : à dévorer pour tromper la pluie

Ce n’est pas un secret très bien caché, car la série documentaire produite par Netflix est offerte depuis 2016 et a déjà donné vie à 30 épisodes répartis sur quatre saisons.

Mais Last Chance U, qu’on pourrait traduire par « l’université de la dernière chance », en français, est un véritable joyau du service de diffusion en continu, qu’on dévore quasi inévitablement sans modération.

On suit d’abord l’équipe de football du collège communautaire d’East Mississippi, situé à Scooba, ville moribonde de moins de 1000 âmes située à un jet de pierre de la frontière de l’Alabama, dans le sud des États-Unis. Cet établissement scolaire a fait le pari de réunir tous les mal-aimés rejetés par les autres écoles afin de leur donner la chance de jouer au football et, peut-être, de décrocher une bourse en première division de la NCAA. D’où l’idée de la dernière chance.

La caméra se concentre bien sûr sur le sport, magnifié grâce à une réalisation exceptionnelle, mais surtout sur les personnes. L’entraîneur qui impose un régime militaire, une conseillère pédagogique qui fait tout en son possible pour aider des étudiants que la vie n’a pas choyés… Et évidemment les athlètes, qui ont tout, mais absolument tout vécu – violence, pauvreté, problèmes de drogue et d’alcool, et quoi d’autre encore.

La lumière est crue sur les insécurités que vivent ces étudiants-athlètes ainsi que sur le monde immensément inégalitaire dont ils proviennent.

En résulte une série fascinante, qui donne la parole à une Amérique souvent dépeinte pour les mauvaises raisons.

Après deux saisons à East Mississippi, la production se déplace en Independence, au Kansas. Le décor et les personnages changent, mais la dynamique reste la même.

Une cinquième saison, tournée cette fois en Californie, sera lancée en 2020. On ne pourrait être plus impatients de la découvrir.

Last Chance U, sur Netflix, offert en version originale anglaise ainsi qu’en version doublée ou sous-titrée en français.

Le basketball et ses fondamentaux : à lire au soleil

IMAGE FOURNIE PAR LE QUARTANIER

Le basketball et ses fondamentaux, de William S. Messier

Bonne nouvelle pour bien du monde : pas besoin d’être un inconditionnel du sport de LeBron James pour apprécier Le basketball et ses fondamentaux, recueil de nouvelles de William S. Messier publié en 2017 puis réédité en 2018.

Le fil conducteur des nouvelles, ne faites pas le saut, c’est le basketball. La structure du jeu lui-même, mais également la culture qui lui est propre – le lecteur amateur de hip-hop sera comblé – et ses personnages types.

L’action de toutes les histoires se déroule à Granby, d’où provient l’auteur, et on y retrouve une dose juste suffisante de nostalgie pour s’en régaler.

Pas facile de résumer cet objet particulier, mais insistons sur le fait qu’il constitue à n’en point douter une lecture idéale sous le soleil. Avec un petit lainage, probablement, et bien sûr à une distance raisonnable de ses voisins.

Le basketball et ses fondamentaux. William S. Messier. Le Quartanier. 240 pages.

> (Re)Lisez notre reportage sur ce recueil

Chuck : un drame sportif un peu local

PHOTO TIRÉE DU SITE WEB IMDB 

Liev Schreiber dans une scène de Chuck

Les films sportifs, surtout ceux sur la boxe, sont souvent grandiloquents. Qu’on se le dise tout de suite : Chuck ne l’est pas.

Cela ne rend pas le long métrage moins intéressant. On y retrace la vie de Chuck Wepner, un négociant en alcools du New Jersey dont le principal fait d’armes a été de rester debout pendant 15 rounds devant Muhammad Ali. C’est de lui que s’est inspiré Sylvester Stallone pour créer la franchise Rocky. Et sa célébrité instantanée ne l’a pas bien servi, tout au contraire.

Ce film porte le sceau du réalisateur québécois Philippe Falardeau, qui nous amène dans le milieu du sport des années 70, qu’il recrée avec beaucoup de fidélité malgré le budget modeste de la production. Wepner connaîtra sa part de succès, certes, mais on assiste aussi avec impuissance à sa déchéance, qui l’amène notamment à accepter un combat de boxe contre un ours. Vous avez bien lu.

Laissons le mot de la fin au collègue Marc-André Lussier, qui avait signé la critique du film en mai 2017 : « Fidèle à son habitude, Falardeau filme son personnage au plus près en livrant le portrait intime d’un homme en quête de sa vérité. Liev Schreiber traduit la vision du cinéaste de façon remarquable. »

IMAGE TIRÉE DU SITE WEB IMDB 

Chuck, de Philippe Falardeau

Chuck. De Philippe Falardeau. Avec Liev Schreiber, Naomi Watts, Elisabeth Moss. 1 h 38.

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