Parce que le beau temps est enfin arrivé, La Presse décortique les tendances mode printemps-été : quels styles, tissus et imprimés adopter ? D’où viennent ces courants et comment se les approprier ? On vous dit tout.

MAUDE GOYER
COLLABORATION SPÉCIALE

La tendance

La chemise, la blouse ou le chandail avec un col disco est de retour dans plusieurs des collections printemps-été des designers. Souvent surdimensionné, avec sa forme pointue et longue, le col disco a fait son apparition dans les années 30 du côté de la mode masculine : les hommes le portaient avec une cravate, en faisant attention à ce que ses pointes soient par-dessus le veston.

Il n’était alors pas aussi extravagant que dans les années 70, époque où il a fait fureur : pensez à John Travolta dans La fièvre du samedi soir, aux costumes flamboyants des Bee Gees et aux invités du mythique Studio 54 de New York. Le collet disco devient alors une pièce phare de cette époque. « C’est un petit détail, mais c’est très fort, très visible, explique Lolitta Dandoy, journaliste mode derrière le blogue fashioniseverywhere.com. Il est souvent porté en superposition, dans une couleur contrastante. Quand on voit ce col, on l’associe tout de suite à l’époque disco. C’est très spécifique aux années 70. »

Où le voit-on ?

Le col disco a fait un saut dans le temps : il se retrouve aujourd’hui sur les podiums de plusieurs grands créateurs. Ainsi, Gucci, Fendi, Michael Kors, Paco Rabanne, Lanvin, Saint Laurent et JW Anderson, pour ne nommer que ceux-là, ont mis de l’avant le fameux col disco. La designer québécoise Marie-Ève Lecavalier y fait aussi une belle place.

PHOTO TIRÉE DU COMPTE INSTAGRAM @VICTORIABECKHAM

Victoria Beckham porte un col disco tiré de sa collection printemps-été 2020.

Pour sa part, la designer et styliste Victoria Beckham en a fait une pièce phare de sa plus récente collection : le chandail à col 1970 (appelé le '70s collar shirt) se détaille à plus de 1000 $ CAN, selon les modèles. « Ça fait très Studio 54, précise Lolitta Dandoy. Par ailleurs, ce que propose Victoria Beckham, et la façon dont elle porte le collet disco, c’est assez accessible. »

Dans ses collections, le col disco est généralement porté fermé, en superposition avec un tissu de couleur contrastante. « C’est toujours assez classique et les coupes sont belles », ajoute Frédérique Gauthier, styliste à l’agence Folio.

Pourquoi maintenant ?

Sans grande surprise, le très fort courant 70 qui déferle sur les tendances mode a ramené le col disco. Après les motifs géométriques, les bottes cuissardes, les jeans évasés, les couleurs associées à cette époque (ocre, orangé, vert, bourgogne, rouge, turquoise et bleu royal), les lunettes teintées et les vêtements en crochet, c’est au tour du col disco, dans toutes les matières, textures et couleurs inimaginables, d’être ramené à la surface. « Cela m’a surprise, note Mme Dandoy, qui scrute toujours les tendances mode au fil des saisons. Il y a des choses que j’ai vues venir, comme les couleurs néon ou les microshorts, mais le col disco ? Je ne m’attendais pas à ça ! »

Mme Gauthier croit qu’il est là pour de bon : « Il peut être porté de façon très élégante et je l’ai vu autant du côté des femmes que des hommes, depuis l’hiver dernier. »

PHOTO FOURNIE PAR SIMONS

La chemise bouffante organza, Simons, 49 $

On l’essaie

Même s’il n’est « pas si facile à porter » croit Lolitta Dandoy, le col disco demeure accessible. « Cet été, on peut porter une blouse ample au collet disco, déboutonnée, avec un décolleté plongeant, sur un short ou un jeans, par exemple. Ça donne un look désinvolte. » Du même souffle, l’experte mode propose également de le porter de façon complètement inverse : « Pour un look très élégant, on porte un petit pull au col disco sur une jupe crayon », dit-elle.

La styliste Frédérique Gauthier croit quant à elle qu’il vaut la peine de plonger dans de réelles pièces vintage en choisissant un vêtement qui vient d’une friperie : « Les cols sont souvent mieux faits, indique-t-elle. On peut l’agencer à un morceau plus contemporain et ajouter un accessoire funky et punché, comme une boucle d’oreille en forme de fruits ou de fleurs. Il faut s’amuser ! »

Attention toutefois au choix de couleur ! « Si on prend une couleur électrique pour notre pull au collet disco, ça peut faire ringard ou de mauvais goût, laisse tomber Mme Gauthier. J’irais plutôt pour des teintes neutres, terreuses ou naturelles comme le crème, le beige, le vert pâle ou le jaune pâle. »