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Prévenir les maladies du foie grâce aux réponses immunitaires

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Le nombre de personnes atteintes de stéato-hépatite non alcoolique augmente en raison de l'épidémie d'obésité.

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Des chercheurs américains et montréalais viennent de découvrir un mécanisme important pour une maladie du foie de plus en plus fréquente à cause de l'épidémie d'obésité. Leurs travaux vont accélérer la mise au point de médicaments pour la stéato-hépatite non alcoolique (SHNA), une maladie menant souvent à des greffes ou même à la mort.

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Naglaa Shoukry, chercheuse du Centre de recherche du CHUM

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« L'hypothèse qui prévalait était que la fibrose [les cellules du foie endommagées] était causée par un type de réponse immunitaire », explique Naglaa Shoukry, chercheuse du Centre de recherche du CHUM (CRCHUM) qui a mené les travaux avec des chercheurs des Instituts nationaux de la santé du gouvernement américain (NIH). « Nous montrons que c'est un autre type de réponse immunitaire. »

Les chercheurs montréalais ont travaillé sur des cellules humaines prélevées dans le foie de patients atteints de stéatose hépatique et les chercheurs américains, sur des modèles de souris transgéniques utilisées dans la recherche sur la stéatose hépatique. Leurs travaux ont été publiés hier dans la revue Science Translational Medicine.

L'obésité est un facteur de risque important pour la SHNA, qui est aussi associée à certains profils génétiques. La SHNA est une forme grave de stéatose hépatique, une augmentation de la proportion des cellules du foie qui contiennent de la graisse. Normalement, un foie compte de 2 à 3 % de gras, contre 5 à 10 % pour la stéatose hépatique. La stéatose hépatique à un stade peu avancé peut augmenter le risque de maladie du foie plus tard dans la vie, mais si elle progresse et s'accompagne d'inflammation, elle se transforme en SHNA et peut déboucher sur une cirrhose. Le foie est alors très endommagé, et il faut parfois que le patient ait une greffe de foie. Le risque de cancer du foie augmente aussi.

La collaboration entre les chercheurs du CRCHUM et ceux du NIH a commencé de façon fortuite. « J'étais à un congrès et un autre étudiant, Kevin Hart, présentait un poster à côté du mien », dit Thomas Fabre, un étudiant au doctorat de la Dre Shoukry. « Son poster portait sur l'immunité de type 2 sur le modèle de souris et le mien, sur l'immunité de types 1, 2 et 3 chez l'homme. Nous avons réalisé que nous avions les mêmes résultats pour le type 2. » Auparavant, les chercheurs pensaient que l'immunité de type 1 était responsable des dommages au foie dans la SHNA, alors que c'est plutôt l'immunité de type 2 qui est impliquée.

SAINES HABITUDES DE VIE

Les deux équipes de chercheurs vont maintenant chercher des cibles relatives à l'immunité de type 2 pour mettre au point des médicaments ralentissant ou guérissant la SHNA. « Ça va donner du temps au patient de changer son alimentation et son activité physique pour diminuer les causes de la SHNA », dit la Dre Shoukry.

Les chercheurs montréalais vont continuer à travailler sur l'immunité de type 3, pour voir si elle a un rôle dans la SHNA. « Elle pourrait exacerber l'impact de l'immunité de type 2 », dit la Dre Shoukry.

Depuis quelques années, plusieurs chercheurs avancent que les dommages au foie causés par l'obésité sont surtout dus à la toxicité du sucre. Un neuroendocrinologue de l'Université de Californie à San Francisco, Robert Lustig, est l'une des voix les plus actives sur la toxicité du sucre, et les vidéos de ses conférences font un malheur sur l'internet. Est-ce que les travaux de la Dre Shoukry confirment cette hypothèse ?

« C'est une hypothèse très controversée, dit la Dre Shoukry. Le sucre en soi n'est pas toxique, mais consommer beaucoup de sucre augmente le risque d'obésité, de syndrome métabolique et de résistance à l'insuline qui, ensuite, mènent à d'autres problèmes, dont la stéatose hépatique et la SHNA. »

En chiffres

75 % des obèses sont à risque de développer une stéatose hépatique

23 % des obèses sont à risque de développer une stéatose hépatique avec inflammation (stéato-hépatite non alcoolique, ou SHNA)

2 à 6 % de la population souffre de SHNA

20 % des adultes atteints d'une SHNA peuvent développer une cirrhose

11 % des adultes atteints d'une SHNA peuvent mourir de problèmes du foie

Source : Fondation canadienne du foie




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