Le smog de Montréal augmente de 10% le risque de donner naissance à un bébé de moins de 2,5 kg, selon une nouvelle étude américaine. En moyenne, les bébés montréalais ont quelques grammes de moins que ceux des régions rurales.

Mathieu Perreault LA PRESSE

L'étude, publiée dans la revue Environmental Health Perspectives, a analysé 3 millions de naissances dans 14 villes de 9 pays en Europe, en Asie et en Amérique. Les chercheurs ont tenu compte du revenu, du tabagisme et d'une multitude d'autres facteurs pour isoler l'effet de la pollution par particules fines (PM 2,5) sur le risque d'avoir un bébé de faible poids (de moins de 2,5 kg).

«Dans les pays occidentaux, l'effet est à la limite de ce qui est mesurable, mais il s'applique aux dizaines de millions de femmes qui vivent dans les villes», explique en entrevue téléphonique Tracey Woodruff, de l'Université de Californie à San Francisco, un des coauteurs de l'étude. «Les bébés de faible poids sont un indicateur d'une foule de problèmes qui surviennent durant la grossesse, comme l'hypertension de la mère.»

À Montréal, ce type de pollution atteint des taux semblables à ceux des villes les plus propres de l'étude, comme Vancouver et Sidney, soit environ 10 à 15 parties par million (ppm). En 2011, le taux de particules fines a dépassé 35 ppm pendant plus de 3 heures à 81 reprises durant l'année.

«Il faut comprendre que les risques sont très faibles, de l'ordre d'une diminution de quelques grammes par augmentation de 10 ug/m3 de particules, mais qu'ils touchent beaucoup de femmes, soit toutes les femmes enceintes», explique Audrey Smargiassia, de l'Institut national de santé publique du Québec.

Selon la Dre Woodruff, qui est obstétricienne, le lien entre la pollution et les bébés de faible poids se traduit soit par l'inflammation, soit par une mauvaise interface entre le placenta et le bébé.