Contrairement à une idée largement répandue, l'hormone masculine testostérone ne rend pas agressif, selon les conclusions d'une expérience comportementale dont les résultats sont publiés mardi par l'édition en ligne de la revue Nature.

Mis à jour le 9 déc. 2009
AGENCE FRANCE-PRESSE

Les chercheurs autour de Christoph Eisenegger, de l'université de Zurich, ont observé les comportements de 120 femmes autour d'un jeu de partage d'une somme d'argent, certaines d'entre elles ayant préalablement reçu une dose de 0,5 mg de testostérone et d'autres un placebo. Deux équipes devaient se mettre d'accord sur un mode de partage, à travers un jeu d'offres et de négociation.

Ils ont constaté que celles ayant reçu de la testostérone «faisaient en général des meilleures offres, plus équitables, que celles ayant reçu des placebos», selon un communiqué de l'université suisse.

«L'administration d'une simple dose de testostérone chez les femmes provoque une amélioration de la sociabilité dans la négociation, réduit les conflits et augmente l'efficacité des interactions sociales», affirme l'étude.

Les auteurs expliquent n'avoir testé que des femmes parce que les effets neurophysiologiques de l'absorption sous la langue de 0,5 mg de testostérone sont connus chez elles, mais pas chez les hommes.

Le mythe liant testostérone et agressivité avait notamment été corroboré par des enquêtes chez des prisonniers montrant que les violeurs avaient un taux de testostérone plus élevé que les condamnés pour vol ou consommation de drogue, rappellent les auteurs qui ajoutent que cette corrélation ne constituait pas une preuve de relation de cause à effet.

Selon une autre hypothèse, «la testostérone provoque une recherche de statut social» qui dans les prisons peut s'exprimer sur un mode «rebelle et antisocial», estiment les chercheurs.

L'augmentation d'agressivité chez des mammifères après injection de testostérone signifie, selon les auteurs, que «ceux-ci sont influencés de manière prédominante par des facteurs biologiques comme les hormones, tandis que la biologie paraît avoir moins d'emprise sur le comportement humain».