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Parti d'Inde, le premier message télépathique a atterri en France

«On a fait de la télépathie au sens... (PHOTO FREDERICK FLORIN, AGENCE FRANCE-PRESSE)

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«On a fait de la télépathie au sens d'un message transmis de cerveau à cerveau, mais elle a été assistée par tout un attirail», sourit l'ingénieur Romuald Ginhoux, de la jeune entreprise française Axilum Robotics, dont le robot a permis de transmettre le message dans le cerveau du «receveur».

PHOTO FREDERICK FLORIN, AGENCE FRANCE-PRESSE

Cédric SIMON
Agence France-Presse
STRASBOURG

«Hola»: le mot a voyagé du cerveau d'un homme en Inde à celui d'un autre en France. Cette expérience inédite de télépathie laisse entrevoir des formes futuristes de communication, tout en offrant une vitrine à une technologie destinée à la médecine.

En réalité la simple force de la pensée n'a pas suffi pour que le court «message mental» d'un chercheur espagnol, localisé dans le Kerala en Inde, parcoure les milliers de kilomètres le séparant de son homologue français, dans un petit laboratoire de Strasbourg.

«On a fait de la télépathie au sens d'un message transmis de cerveau à cerveau, mais elle a été assistée par tout un attirail», sourit l'ingénieur Romuald Ginhoux, de la jeune entreprise française Axilum Robotics, dont le robot a permis de transmettre le message dans le cerveau du «receveur».

Les résultats de cette expérience de neuroscience, datée du printemps, ont été publiés récemment par la revue scientifique américaine PLOS one. Elle a été initiée par des chercheurs de la faculté de médecine de Harvard et de l'université de Barcelone, avec le concours de l'entreprise espagnole Starlab.

Coiffé d'un casque à électrodes, l'employé de Starlab en Inde n'a pas directement pensé «Hola» («Salut», en espagnol). «Il avait le choix entre deux pensées, «bouger les mains» ou «bouger les pieds», produisant chacune une onde cérébrale différente», détaille M. Ginhoux. L'une était traduite en 0 par l'ordinateur relié à son casque sans fil, l'autre en 1.

En réitérant l'opération plus de cent fois, l'«émetteur» a ainsi transmis à la machine une longue séquence de 0 et de 1, correspondant à un codage du mot «Hola». Ces signaux ont généré autant de courriels vers Strasbourg, où une machine les a à son tour traduits en stimulations successives du cortex visuel du «receveur», par des ondes magnétiques.

Assis dans le noir, concentré, l'employé d'Axilum a pu voir apparaître dans son cerveau tantôt des flashs lumineux (qu'il traduisait en 1), tantôt aucun flash (ce qu'il traduisait alors  en 0). C'est ainsi que lui est donc parvenu, au bout d'une heure et de 140 stimulations, le mot «Hola», qu'il a pu décrypter un peu comme un message en code Morse.

Appels farfelus

L'aspect rudimentaire de l'expérience, sa lourdeur et sa complexité n'ont pas ébranlé l'enthousiasme de ses initiateurs.

Pour l'un de ses coauteurs, Alvaro Pascual-Leone, professeur de neurologie à la faculté de médecine de Harvard, il s'agit d'«une étape importante» pour explorer les possibilités «de compléter ou de contourner» les formes traditionnelles de communication.

Les auteurs de la recherche évoquent la possibilité de communiquer avec des personnes paralysées, incapables de parler.

L'électro-encéphalie (EEG), qui a permis à l'émetteur de communiquer avec un ordinateur, est déjà bien connue. Le plus compliqué était de transmettre ensuite le message vers un deuxième cerveau.

«On a utilisé la stimulation magnétique transcrânienne, la TMS (en anglais), grâce au robot conçu par notre société, qui permet de gagner en précision par rapport à une mise en oeuvre manuelle» de cette technique, indique M. Ginhoux.

Mais «notre mission n'est pas du tout de faire de la télépathie, on se focalise sur les applications thérapeutiques», poursuit-il, tout en se réjouissant du coup de projecteur offert par l'expérience à la petite entreprise française.

Issue d'une unité mixte de recherche du CNRS et de l'Université de Strasbourg, Axilum Robotics espère surtout, pour mieux vendre son robot, que l'efficacité des stimulations de zones cérébrales soit reconnue en France pour des utilisations thérapeutiques.

Elle pourrait notamment être utilisée pour soigner les dépressifs sévères, pour qui les médicaments ne marchent plus, ou encore contre les douleurs neuropathiques. «Pour l'instant, la TMS n'est utilisée que dans un cadre expérimental en France, alors qu'elle est reconnue aux États-Unis pour soigner la dépression», dit M. Ginhoux.

En attendant, l'attrait de la télépathie a valu un nouveau type d'interlocuteurs à la petite société: «on reçoit des appels de farfelus qui veulent essayer, ou qui disent avoir des capacités en la matière, on ne s'attendait pas à ça».




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