La NASA a lancé avec succès vendredi depuis la base aérienne Vandenberg en Californie, le premier satellite d'observation du changement climatique et de collecte des données météorologiques, qui devrait permettre de mieux comprendre la complexité de l'évolution du climat.

Jean-Louis Santini AGENCE FRANCE-PRESSE

La fusée Delta II de United Launch Alliance transportant le satellite NPP s'est arrachée de son pas de tir à 05h48 (heure de Montréal) comme prévu, selon les images de la télévision de la Nasa.

Le satellite s'est séparé du deuxième étage de Delta II 58 minutes plus tard marquant le succès de la mise sur orbite. Il a ensuite déployé ses panneaux solaires avant de rejoindre son orbite finale.

De la taille d'un monospace et pesant 2,1 tonnes, le satellite --lancé avec cinq ans de retard sur le calendrier initial-- évoluera sur une orbite polaire à 824 km d'altitude et fera le tour de la Terre quatorze fois par jour.

D'un coût de 1,5 milliard de dollars, et baptisé «National Polar-orbiting Operational Environmental Satellite System Preparatory Project» ou NPP, il représente la première mission conçue pour collecter des données essentielles à l'amélioration des prévisions météo à court terme et pour mieux comprendre le changement climatique sur le long terme.

Il est prévu qu'il reste en service cinq ans.

Le NPP est équipé de cinq instruments qui analyseront la couche d'ozone, mesureront les températures atmosphériques, l'étendue des glaces polaires et des glaciers et surveilleront les changements dans la végétation. Quatre de ces instruments n'avaient jamais été déployés sur orbite auparavant.

L'Agence océanique et atmosphérique américaine (NOAA) incorporera les données recueillies par le NPP dans leurs modèles afin de produire de meilleures prévisions météorologiques.

«Les observations du NPP nous donneront une idée d'ensemble des changements en cours sur notre planète», avait expliqué avant le lancement Jim Gleason, responsable scientifique de ce satellite à la Nasa.

«Et de meilleures prévisions nous permettront de pendre de meilleures décisions, que ce soit aussi simple que le fait de prendre un parapluie le matin ou aussi complexe que de répondre au changement climatique», poursuivait ce scientifique.

Le NPP fournira des données améliorées aux météorologues et aux responsables des services d'intervention d'urgence qui «pourront mieux avertir et préparer la population à de fortes perturbations météo», selon Mitch Goldberg de la NOAA.

«Nous comptons améliorer nos capacités de prévision météo de cinq à sept jours, ce qui nous permettra de voir venir plus tôt même un ouragan», ajoutait-il.

Pour Louis Uccellini également de la NOAA, «le lancement du NPP ne peut être que bienvenu avec les milliards de dollars de dégâts provoqués en 2011 par des désastres météorologiques», dont notamment l'ouragan Irène, qui a touché la côte est des États-Unis en août.

Vu son orbite polaire, le NPP transmettra des données que les satellites européens aujourd'hui déployés ne fournissent pas, relève-t-il.

Le NPP est notamment équipé d'instruments utilisant les infra-rouges et des micro-ondes marquant «une amélioration par rapport aux équipements des satellites européens».

L'Agence spatiale européenne avait lancé en 2010 CryoSat-2, troisième satellite dit «Explorateur de la Terre» mis sur orbite en un an. Ces trois satellites sont conçus pour étudier les effets de l'activité humaine sur l'environnement.

NPP a été construit par la firme américaine Ball Aerospace.

Outre le NPP, la fusée Delta 2 a également mis sur orbite cinq nano-satellites --dit «CubeSats»-- de recherche pour le compte de quatre universités américaines.