Un satellite abandonné dans l'espace par la NASA en 2005 devrait retomber sur Terre vendredi. Une importante partie de l'engin doit se désintégrer à son entrée dans l'atmosphère, mais une demi-tonne de débris devraient tout de même toucher le sol.

Pierre-André Normandin LA PRESSE

En décembre 2005, la NASA a abandonné son Upper Atmosphere Research Satellite (UARS), lancé en septembre 1991 pour étudier la chimie de l'atmosphère. Pesant 5,7 tonnes, c'est le plus gros engin à retomber sur Terre depuis 1979, a confirmé à La Presse une porte-parole de la NASA, Beth Dickey.

«Le plus imposant satellite à être retombé sur Terre est Pegasus 2, en novembre 1979. Il pesait 10,5 tonnes, près du double d'UARS.» La majorité du satellite devant tomber vendredi devrait se désintégrer, mais une analyse pièce par pièce révèle que 26 morceaux devraient survivre à l'entrée dans l'atmosphère, pour un poids total de 532 kg.

Impossible de prédire avec précision où tomberont les débris. La NASA s'attend à ce que ceux-ci tombent n'importe où entre les 57es parallèles nord et sud, soit entre le Nord-du-Québec et le sud de la Terre de Feu, en Argentine. Les débris devraient s'écraser sur une distance de 800 km.

La NASA évalue à 1 sur 3200 les chances qu'un débris tue un être humain. Alors que la Terre comptera bientôt 7 milliards d'habitants, la probabilité d'être heurté pour une personne est de 1 sur 22 billions.

Les probabilités de gagner à la Lotto 6/49 sont de 1 sur 14 millions. Bref, un Québécois a 1,6 million fois plus de chances de gagner le gros lot que d'être frappé par un débris de ce satellite.

La chute est prévue le 23 septembre, avec une marge d'erreur de plus ou moins une journée. Même deux heures avant la chute du satellite, la marge d'erreur reste de plus ou moins 25 minutes, ce qui peut représenter une distance de 12 000 km.

Tous les jours, au moins un débris spatial tombe sur Terre, selon la NASA. En 50 ans, aucune blessure ou mort n'a été confirmée.

Malgré tout, les normes de sécurité pour la conception des engins spatiaux ont été considérablement resserrées. Aux États-Unis, les satellites modernes sont construits de façon à représenter un risque de tuer une personne de 1 sur 10 000.