La capsule transportant l'astronaute canadien Robert Thirsk s'est amarrée à la Station spatiale internationale hier matin. De passage à Montréal, le dernier homme à avoir marché sur la Lune - l'Américain Eugene Cernan - a profité de ce chapitre de l'histoire spatiale pour critiquer l'orientation des dernières missions internationales dans l'espace.

Daphné Cameron LA PRESSE

«L'espace est un lieu magnifique. Malheureusement, on ne l'explore plus, on l'exploite», a déploré l'homme de 75 ans en marge d'une conférence réunissant une centaine d'acteurs de l'industrie aéronautique du Canada. «Nous avons consacré beaucoup d'énergie à construire une station spatiale qui n'a nulle part où aller. Ce projet est une réussite, mais il est temps d'aller plus loin. De se rendre au-delà de l'orbite de la Terre. Imaginez, cela n'a pas été réalisé depuis ma mission sur la Lune en 1972!»

 

Le pilote, qui est aujourd'hui ambassadeur de Bombardier aéronautique, rêve du jour où des humains poseront les pieds sur la planète Mars. À son avis, l'obstacle pour y parvenir n'est pas technologique, mais plutôt politique. «Votre téléphone cellulaire contient plus de technologies que ce que j'avais entre les mains pour atterrir sur la Lune, a-t-il souligné. Lors de la mission Apollo 17, je me souviens d'avoir utilisé beaucoup de ruban adhésif duct tape. L'exploration de Mars est donc une question de volonté politique et d'argent.»

Dans deux semaines, l'astronaute Julie Payette se joindra à son collègue Robert Thirsk à bord de la Station spatiale internationale. Elle passera 16 jours en orbite. Cette semaine, elle a dit souhaiter se rendre un jour sur la Lune ou sur la Planète rouge. «Quand on est en orbite, il est seulement possible de voir la courbe de la Terre, a expliqué Eugene Cernan. Mais quand on va jusqu'à la Lune, on peut observer la Terre dans toute sa splendeur. C'est une expérience incroyable que je souhaite aux astronautes canadiens.»

 

ROBERT THIRSK À BORD DE LA SSI

La capsule spatiale Soyouz, qui transportait l'astronaute canadien Robert Thirsk, s'est amarrée avec succès à la Station spatiale internationale (SSI), hier, peu après 8h30, heure de l'Est. Au cours de son séjour de six mois dans l'espace, il sera appelé à manipuler à distance un robot roulant installé à l'Agence spatiale canadienne, basée à Longueuil. Le robot va circuler sur des dunes imitant la surface de Mars. Le test permettra de mieux prévoir les missions humaines vers la Lune et Mars. Le mois prochain, Julie Payette visitera

Thirsk et la SSI en tant que membre de l'équipage de la navette Endeavour. La Presse Canadienne