Quand il était petit, David Saint-Jacques collectionnait les articles et les livres sur les missions lunaires du programme Apollo. Les images de la Terre vue depuis la Lune le fascinaient tout particulièrement. À 39 ans, son rêve d'enfance a subitement connu un deuxième souffle.

Mathieu Perreault LA PRESSE

«J'avais un peu mis de côté l'idée de devenir astronaute», dit M. Saint-Jacques, qui a grandi à Saint-Lambert et a fait un baccalauréat en génie physique à Polytechnique, puis un doctorat en astrophysique à Cambridge en Angleterre, et enfin sa médecine à l'Université Laval. «On devient adulte, on se concentre sur ce qui est possible. Mais quand j'ai vu l'appel de candidatures l'an dernier, je n'ai pas hésité une seconde. Pour moi, les astronautes sont l'équivalent moderne des explorateurs et des découvreurs.»

M. Saint-Jacques est sportif, ayant fait de la compétition de ski alpin durant l'adolescence et des tournois d'aviron à Cambridge. Et son expertise en astronomie - il a fait son doctorat sur «l'interférométrie optique», une manière d'augmenter la résolution des télescopes, et un post-doctorat au Japon sur les manières de contrecarrer la turbulence de l'atmosphère terrestre - est certainement un avantage pour le métier d'astronaute.

Il est maintenant professeur adjoint à l'Université McGill et est le médecin du Centre de santé Inuulitsivik, à Puvirnituq. Pourquoi ce changement de direction? «J'avais besoin d'avoir un impact plus concret, plus immédiat, plus utile, sur la vie.» Il a fait des stages dans des camps palestiniens et au Guatemala.

Sa feuille de route académique est impressionnante. Son père était lui-même professeur de physique à l'université, et ses deux frères sont anthropologue et biologiste (sa mère était professeure d'histoire au secondaire avant sa retraite). M. Saint-Jacques n'a pas d'enfant mais est fiancé.

Est-il excité d'avoir une chance sur huit de devenir astronaute? «C'est certain. Mais je suis déjà très content d'être rendu si loin. J'ai pu manipuler des logiciels de robotique qui sont normalement réservés aux astronautes, et les derniers tests, en Nouvelle-Écosse, nous ont permis de tisser des liens très étroits avec les autres candidats. Il fallait trouver en équipe des solutions à des problèmes, dans des environnements difficiles comme un incenie, des fuites d'eau.»

Quel test a été le plus difficile? «Aucun en particulier, dit-il. Ce qui est dur, c'est d'être patient. C'est un processus très long.»

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