Alors que certains départements scientifiques d'universités québécoises comptent plus de 30 étudiants pour une étudiante, un groupe de femmes du secteur s'est donné pour mission d'attirer davantage de jeunes filles dans cette filière.

Philippe Teisceira-Lessard LA PRESSE

Quelque 300 adolescentes de 12 à 15 ans ont répondu à l'appel et se réunissent ce samedi à l'École de technologie supérieure (ÉTS) afin de s'initier aux carrières scientifiques dans le cadre de la journée «Les filles et les sciences, un duo électrisant!».

Au menu: des démonstrations scientifiques spectaculaires, mais aussi des rencontres avec des femmes qui se sont taillé une place dans ce monde très masculin.

«On veut leur montrer des modèles», a expliqué Nancy Rancourt, une ingénieure qui fait partie du comité organisateur de l'événement. Les filles «pensent beaucoup qu'elles vont travailler seules dans un laboratoire et qu'elles n'auront pas nécessairement d'impact avec le travail qu'elles vont faire. On veut démystifier ces préjugés.»

Ces préjugés semblent avoir un effet profond sur la présence des femmes dans les secteurs scientifiques. Selon les données du Ministère de l'Éducation relayées par les organisatrices, les étudiantes sont carrément des oiseaux rares dans certains programmes universitaires. Ainsi, on compte seulement 3,5% de femmes en génie mécanique et 4,5% en électronique industrielle.

Des programmes moins étiquetés comme masculins font à peine mieux. Seul un futur ingénieur en génie civil sur dix est une étudiante, sensiblement la même proportion qu'en informatique.

Il est important d'initier les adolescentes aux carrières scientifiques dès le milieu du secondaire, car c'est à ce moment qu'elles choisiront de suivre ou de ne pas suivre certains cours de sciences, a expliqué Mme Rancourt. Cette décision sera déterminante pour leur futur, selon elle.

Et pour le futur de plusieurs entreprises aussi. «Les femmes représentent plus de 50% de la main-d'oeuvre disponible, a affirmé Nancy Rancourt. Plusieurs entreprises font face à des pénuries majeures de main-d'oeuvre.» La présence de femmes apporte aussi une belle complémentarité dans les équipes de travail du monde scientifique, a ajouté l'ingénieure.