L'épuisement professionnel est associé à des taux anormaux de cortisol et d'autres molécules, selon une nouvelle étude montréalaise publiée dans la revue Psychoneuroendocrinology. Ces résultats pourraient permettre de mieux distinguer l'épuisement de la dépression, qui commandent des traitements aux effets opposés.

Mathieu Perreault LA PRESSE

«Quand une personne a des symptômes de dépression ou d'épuisement, on va souvent lui prescrire des antidépresseurs, explique l'auteur principal de l'étude, Robert-Paul Juster, du Centre d'études sur le stress humain de l'hôpital Louis-H.-La Fontaine et de l'Université de Montréal. «Or, les antidépresseurs abaissent les taux de cortisol. C'est parfait pour la dépression, qui est associée à des taux trop élevés. Mais dans l'épuisement professionnel, le taux est trop bas. Les antidépresseurs exacerbent le problème.»

Chercheur montréalais

Le chercheur montréalais a examiné le taux de cortisol et de 15 autres marqueurs biologiques, comme l'insuline, le cholestérol ou la tension artérielle, de 30 personnes qui avaient répondu à 3 tests psychologiques destinés à mesurer le degré de stress, la dépression et l'épuisement professionnel. Il a reconnu une signature biologique anormale chez les personnes qui avaient des résultats élevés aux tests de stress et d'épuisement. Un taux trop bas de cortisol avait déjà été associé au stress et à l'épuisement, mais pas le cocktail de marqueurs qu'a utilisé M. Juster.

Sera-t-il possible de détecter l'épuisement de façon précoce, avant que sa victime soit obligée d'arrêter de travailler? «Peut-être, éventuellement, dit M. Juster. Mais à court terme, nous aimerions pouvoir distinguer la dépression de l'épuisement pour aider à la prescription d'antidépresseurs.»

Le cortisol est détectable par un test de salive, et les autres renseignements sont obtenus par des tests sanguins ou non invasifs, comme la tension artérielle.