Un nouvel électroménager capable de trier, de laver et de réduire en morceaux les matières recyclables fera-t-il son apparition dans nos cuisines au cours des prochaines années ? C’est le souhait de l’entreprise britannique Lasso Loop Recycling, qui a attiré l’attention lors de la plus récente édition du Consumer Electronics Show (CES), qui s’est tenue virtuellement au début de janvier.

Danielle Bonneau Danielle Bonneau
La Presse

L’appareil, d’une dimension à mi-chemin entre un réfrigérateur et un lave-vaisselle, a été conçu pour remédier au problème planétaire que représente le recyclage de produits dûment récupérés, mais qui, une fois mélangés ensemble, aboutissent dans les sites d’enfouissement.

Les cofondateurs de l’entreprise, Aldous Hicks et Alison Richardson, proposent un système audacieux, qui donnera aux produits recyclés leur pleine valeur. À la base se trouve un électroménager facile à faire fonctionner, qui se chargera d’abord d’identifier si ce qu’on met dedans est recyclable (adieu, confusion !). Si c’est le cas, l’appareil nettoiera le produit à la vapeur avant de le réduire en pièces et de le stocker dans sept compartiments différents. Il aplatira, broiera ou déchiquettera deux types de plastique (PET et HDPE), trois types de verre (clair, vert et brun) et deux types de métal (aluminium et acier). Le bruit ne sera apparemment pas plus élevé que celui d’une laveuse lors de l’essorage de vêtements.

Il ne s’agira que de la première étape d’un processus, qui s’assurera que les matières, maintenues pures et exemptes de toute contamination, soient acheminées à bon port. Lorsque les compartiments au bas de l’électroménager seront pleins (de trois à huit fois par année), une notification sera envoyée à l’utilisateur par l’entremise de l’application Lasso. Il suffira ensuite d’établir un moment pour la collecte à domicile. La trajectoire de l’envoi pourra être suivie, assurant qu’aucune matière ne se retrouvera dans des dépotoirs ou un océan. De l’utopie ?

Dans une conférence TEDx, enregistrée le 14 décembre dernier, l’ingénieur mécanique Aldous Hicks a expliqué qu’il travaille sur ce concept depuis 27 ans.

Nous détenons le pouvoir de changer les choses, en commençant dans notre cuisine.

Aldous Hicks, lors de la conférence TEDx du 14 décembre dernier

Les premiers appareils ne seront pas donnés, a-t-il convenu. Ils coûteront entre 3500 $ US et 4000 $ US. « Cela peut sembler beaucoup, a-t-il précisé. Mais songez qu’il y a 100 ans, en 1919, les premiers réfrigérateurs domestiques coûtaient l’équivalent d’une nouvelle voiture de valeur moyenne, soit plus de 11 000 $ US, au cours actuel de l’argent. Environ 30 ans plus tard, 90 % des habitations en avaient un. »

Son équipe technique et lui semblent s’approcher du but. Lasso a récolté 548 150 livres sterling (954 493 $) pendant une campagne de financement participatif Crowd Cube, en 2019. L’entreprise compte lancer le système dans le premier quart de 2023, dans le cadre d’un projet-pilote dans la région de la baie de San Francisco, entre San Mateo et San Jose.

> Consultez le site web de Lasso Loop Recycling (en anglais)

> Regardez la conférence TEDx d’Aldous Hicks (en anglais)