Des dizaines de corps ont été découverts enterrés dans la cour d’un hôpital de la bande de Gaza qui avait fait l’objet d’un raid israélien, a indiqué dimanche la Défense civile de Gaza, au moment où le premier ministre israélien a promis d’accroître la pression sur le Hamas palestinien.

« Dans les prochains jours, nous augmenterons la pression militaire et politique sur le Hamas, car c’est le seul moyen de libérer nos otages et de remporter notre victoire », a déclaré Benyamin Nétanyahou dans un message vidéo diffusé à la veille de la Pâque juive.

Plus de six mois après le début de la guerre, déclenchée par une attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël le 7 octobre, M. Nétanyahou n’a de cesse de clamer sa détermination à lancer une offensive terrestre à Rafah, qu’il considère comme le dernier grand bastion du Hamas.

Selon l’ONU, près d’un million et demi de déplacés gazaouis sont massés dans cette ville située à la pointe sud du territoire. Vendredi, le G7 a réaffirmé son opposition à « une opération d’ampleur » dans cette ville frontalière avec l’Égypte, redoutant un bain de sang.

Toujours dans le sud du territoire palestinien assiégé, à Khan Younès, la Défense civile de Gaza a annoncé avoir exhumé au moins 50 corps de Palestiniens enterrés dans la cour d’un hôpital.

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Des Palestiniens pleurent à côté des corps de leurs proches déterrés à Khan Younès, le 21 avril.

Interrogée par l’AFP, l’armée israélienne a indiqué vérifier ces affirmations.

Cette découverte macabre intervient au moment où les États-Unis, alliés indéfectibles d’Israël, ont approuvé une aide militaire de 13 milliards de dollars pour leur allié. Pour le Hamas, au pouvoir depuis 2007 à Gaza, Washington a donné à Israël le « feu vert » pour continuer à « agresser » les Palestiniens.

Restes humains

Selon la Défense civile de Gaza, certains des corps retrouvés à Khan Younès « étaient dépouillés de leurs vêtements, ce qui indique certainement qu’ils ont été arrêtés, torturés et soumis à de mauvais traitements de la part de l’armée d’occupation ».

Un photographe de l’AFP a vu des membres de la Défense civile exhumer des restes humains dans la cour de l’hôpital dimanche. Des images de l’AFP montrent des Gazaouis massés au même endroit, à la recherche de proches disparus.

Parmi eux, Oum Mohammed al-Harazeen qui cherche son époux. « Il a disparu depuis environ un mois. Il ne sortait que pour nous apporter de la nourriture et de l’eau. Il a disparu au moment où l’armée israélienne est entrée dans Khan Younès », dit-elle.

L’armée israélienne s’est retirée de Khan Younès le 7 avril, après avoir mené ce qu’elle a appelé une « opération précise et limitée » dans cet hôpital, l’un des plus grands de Gaza.  

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Un Palestinien attend des nouvelles de sa fille tandis que les secouristes recherchent des survivants sous les décombres d’un bâtiment touché lors d’un bombardement israélien nocturne à Rafah, le 21 avril.

La Défense civile de Gaza a également rapporté que des frappes israéliennes sur deux maisons à Rafah avaient fait au moins 16 morts dimanche. Au total, 34 097 Palestiniens sont morts depuis le début de la guerre, majoritairement des civils.

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Des Palestiniens inspectent le site d’une frappe israélienne sur une maison de Rafah, le 21 avril.

En Cisjordanie occupée, trois Palestiniens, deux adolescents et une femme, ont été tués par des soldats israéliens dans deux évènements séparés, selon le ministère palestinien de la Santé. L’armée a affirmé que les trois avaient tenté d’attaquer des soldats. La veille, un raid israélien près de Tulkarem avait fait 14 morts, selon le Croissant rouge palestinien.

L’armée israélienne a annoncé dimanche la mort d’un de ses soldats, qui avait été grièvement blessé le 17 avril lors d’une attaque du Hezbollah contre un village du nord d’Israël.  

Tirs de roquettes

La tension était brusquement montée au Moyen-Orient le 13 avril, lorsque l’Iran a mené une attaque inédite contre Israël, son ennemi juré, avec des centaines de drones et de missiles dont la plupart ont été interceptés.  

Le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, a salué dimanche les « succès » des forces armées, qui illustrent selon lui la « grandeur » de l’Iran sur la scène internationale.

Israël avait promis de riposter tandis que l’Iran disait avoir agi en « légitime défense » après l’attaque meurtrière, attribuée à Israël, ayant détruit son consulat à Damas le 1er avril et tué sept militaires iraniens parmi lesquels deux hauts gradés.

Vendredi, une attaque imputée à Israël a touché le centre de l’Iran, sans faire de dégâts selon les autorités. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Hossein Amir-Abdollahian, l’a comparée samedi à un jeu d’enfant.

Signe que la situation reste tendue, les Brigades Ezzedine al-Qassam, la branche armée du Hamas, ont affirmé avoir lancé dimanche vingt roquettes sur le nord d’Israël depuis le sud du Liban, en riposte aux attaques israéliennes à Gaza et en Cisjordanie.

Une chaise vide

La guerre à Gaza a été déclenchée par l’attaque lancée le 7 octobre contre Israël par des commandos du Hamas infiltrés depuis Gaza et qui a entraîné la mort de 1170 personnes, essentiellement des civils, selon un bilan de l’AFP établi à partir de données officielles israéliennes.

Plus de 250  personnes ont été enlevées durant l’attaque et 129 d’entre elles sont toujours retenues à Gaza, dont 34 sont mortes d’après des responsables israéliens.

Par ailleurs, les négociations pour une trêve de plusieurs semaines associée notamment à la libération d’otages piétinent, les protagonistes s’accusant mutuellement de les bloquer.  

Des manifestants ont une nouvelle fois réclamé samedi soir à Tel-Aviv la démission de Benyamin Nétanyahou. Les familles des otages ont appelé les Israéliens à laisser une chaise vide lors du repas rituel de Seder lundi soir, qui marque le début de la fête juive de Pessah, pour ne pas les oublier.

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Manifestation à Tel-Aviv, le 20 avril