(Al-Bab) Au moins 21 civils dont des enfants ont été tués vendredi dans le nord de la Syrie dans des bombardements des forces loyales au régime syrien et dans une frappe de l’armée turque, a indiqué une ONG.

Publié le 19 août
Agence France-Presse

En guerre depuis 2011, la Syrie est morcelée à cause de l’intervention de multiples groupes et puissances étrangères dans le conflit.

Voisine de la Syrie, la Turquie déploie des soldats dans le nord près de sa frontière, avec le soutien de groupes rebelles syriens qui lui sont affiliés. Les soldats turcs ont mené plusieurs offensives contre les forces kurdes syriennes qui contrôlent la majeure partie du nord-est du pays.  

Vendredi avant l’aube, une attaque turque au drone a touché « un centre pour filles mineures » dans la localité de Chmouka, près de Hassaké (Nord-Est), tuant « quatre enfants et blessant 11 », a indiqué un communiqué de l’administration autonome kurde.

Le bilan a été confirmé par l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), qui a précisé que les enfants dormaient dans ce centre à Hassaké, ville située dans la région autonome kurde.

À Al-Bab, une localité sous contrôle de factions syriennes pro-Ankara située près de la frontière syro-turque, « des tirs d’artillerie des forces prorégime sur un marché ont tué 17 civils, dont six enfants, et blessé 35 », a indiqué l’OSDH.

Sur place, un correspondant de l’AFP a vu habitants et secouristes se précipiter pour évacuer les blessés, notamment des enfants, au milieu d’étals de fruits et de légumes détruits où gisaient des lambeaux humains.

PHOTO BAKR ALKASEM, AGENCE FRANCE-PRESSE

Farhad Shami, un porte-parole des Forces démocratiques syriennes (FDS, coalition armée dominée par les Kurdes), a affirmé que ses forces n’avaient « rien à voir » avec ces tirs sur Al-Bab.

La Turquie menace depuis mai de lancer une offensive d’envergure contre les FDS, considérées comme « terroristes » par Ankara.

Depuis juillet, les drones turcs frappent de plus en plus souvent les zones contrôlées par les FDS, selon l’OSDH et des responsables kurdes.

Cité vendredi par des médias turcs, le président turc Recep Tayyip Erdogan a affirmé que son pays n’avait « pas de vues » sur le territoire syrien. Il a ajouté vouloir « franchir de nouvelles étapes » avec le régime de Damas, jugeant qu’une amélioration des relations bilatérales contribuerait à la paix dans la région.

Après le déclenchement de la guerre en Syrie, la Turquie s’était farouchement opposée au régime de Bachar al-Assad, se posant en soutien indéfectible des groupes rebelles syriens.