(Téhéran) L’Iran a exhorté dimanche l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) à régler « complètement » la question des sites non déclarés, une demande clé de Téhéran dans les négociations en cours pour relancer l’accord international de 2015 sur le nucléaire.

Publié le 7 août
Agence France-Presse

Les pourparlers ont repris jeudi à Vienne, après cinq mois de blocage, pour tenter de régler les derniers points d’achoppement entre Téhéran et Washington afin de sauver le pacte de 2015.

Ce dernier a été conclu par l’Iran d’une part, les États-Unis, la Russie, la Chine, la France, le Royaume-Uni et l’Allemagne de l’autre, pour empêcher la République islamique de se doter de l’arme atomique.  

Le pacte est moribond depuis le retrait unilatéral en 2018 des États-Unis sous Donald Trump et le rétablissement des sanctions américaines, qui ont poussé Téhéran à s’affranchir progressivement de ses obligations dictées par l’accord.

Les États-Unis participent de manière indirecte avec l’Iran aux négociations de Vienne qui ont débuté en avril 2021. L’administration américaine de Joe Biden veut le réintégrer, l’Union européenne jouant l’intermédiaire.

Dans le cadre des discussions ayant repris jeudi, Téhéran exige que l’AIEA achève son enquête concernant des traces d’uranium enrichi retrouvées sur trois sites non déclarés.

« L’agence devrait complètement régler la question […] par la voie technique, et s’éloigner des questions politiques non pertinentes et non constructives », a déclaré le ministre iranien des Affaires étrangères Hossein Amir-Abdollahian lors d’un entretien téléphonique avec le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres.

Selon un communiqué de son ministère dimanche, il a réaffirmé que son pays était « sérieux dans la recherche d’un accord solide et durable », estimant que « l’issue de l’affaire dépend de la volonté des États-Unis de parvenir à un accord ».

Le Conseil des gouverneurs de l’AIEA avait exhorté en juin l’Iran à « coopérer » avec l’agence onusienne, qui avait déploré dans un rapport l’absence de réponses « techniquement crédibles » concernant des traces d’uranium enrichi retrouvées sur trois sites non déclarés.

Cette question empoisonne les relations entre le gendarme onusien du nucléaire et l’Iran, qui considère qu’il s’agit là d’un dossier « politique par nature et qui ne devrait pas être utilisé comme un prétexte pour punir l’Iran » à l’avenir, selon un diplomate iranien interrogé par l’agence officielle iranienne Irna.  

L’Iran veut ainsi que ce dossier soit réglé dans le cadre des négociations sur la relance de l’accord de 2015.

Le Royaume-Uni, la France et l’Allemagne ont exhorté vendredi l’Iran « à ne pas formuler de demandes irréalistes hors du cadre » de l’accord de 2015.

Pour les diplomates européens, cette question doit être réglée dans le cadre de discussions distinctes entre l’AIEA et l’Iran.