(Nations unies) Le Conseil de sécurité de l’ONU a appelé mardi les talibans « à inverser rapidement les politiques et pratiques qui restreignent actuellement les droits de la personne et les libertés fondamentales des femmes et des filles afghanes » dans une déclaration adoptée à l’unanimité.

Publié le 24 mai
Agence France-Presse

Dans ce texte rédigé par la Norvège et négocié depuis près de deux semaines, les 15 membres du Conseil se déclarent « profondément préoccupés par l’érosion croissante du respect des droits humains et des libertés fondamentales des femmes et des filles en Afghanistan par les talibans ».

Ils citent à cet égard « l’imposition de restrictions qui limitent l’accès à l’éducation, à l’emploi, à la liberté de mouvement et à la participation pleine, égale et significative des femmes à la vie publique ».

En particulier, le Conseil de sécurité réclame au pouvoir taliban de rouvrir les écoles pour toutes les élèves sans plus tarder et exprime sa « profonde préoccupation » face à l’obligation faite aux femmes de se couvrir le visage dans les espaces publics et dans les émissions des médias.

Selon des diplomates, la négociation de la déclaration s’est révélée ardue avec la Chine et la Russie qui ne voulaient pas d’un texte focalisé sur les droits humains. En conséquence, ce dernier comprend plusieurs paragraphes exprimant aussi une « profonde préoccupation » face à « la situation instable » en Afghanistan, dans les domaines humanitaires, politiques, économiques, sociaux et sécuritaires.

La déclaration cite notamment le trafic de drogue et la poursuite d’attaques terroristes visant des civils, ainsi que la nécessité de restaurer les systèmes financiers et bancaires du pays.

À la mi-mars, le Conseil de sécurité de l’ONU avait approuvé une résolution renouvelant pour un an la mission politique de l’Organisation en Afghanistan en tablant sur une approche plus modérée des talibans, en fonction depuis la mi-août, par rapport à leur précédent exercice du pouvoir, entre 1996 et 2001.

Ces derniers mois, les talibans ont cependant imposé une série de restrictions à la société civile, dont une grande partie vise à soumettre les femmes à leur conception intégriste de l’islam.