(Jérusalem) Les actes à motif antisémite ont atteint leur plus haut niveau sur dix ans en 2021 avec plus de dix incidents par jour dans le monde, selon un rapport publié lundi par l’Agence juive et l’Organisation sioniste mondiale.

Publié le 24 janvier
Agence France-Presse

Près de 50 % des actes antisémites se sont produits en Europe et près de 30 % aux États-Unis, indique ce rapport annuel. « Cette année a marqué un nombre record d’actes antisémites à travers le monde », s’inquiète-t-il.

« Les principaux actes recensés sont le vandalisme, la destruction, les tags et la profanation de pierres tombales, suivis d’actes de propagande », souligne le rapport.

« Les agressions physiques et verbales représentent moins du tiers des incidents » enregistrés, a précisé le rapport, publié trois jours avant la Journée internationale consacrée à la mémoire des victimes de la Shoah, jeudi.

PHOTO ELIAS VALVERDE, ASSOCIATED PRESS

Un policier bloque l'accès à la rue où se trouve la synagogue Beth Israel de Colleyville, au Texas, où les membres de la congrégration ont été pris en otage le samedi 15 janvier 2022.

Le rapport note également « une augmentation spectaculaire du nombre de conspirations antisémites publiées sur les réseaux sociaux » et juge que la montée des actes antisémites en 2021 est en partie liée à la pandémie de coronavirus.  

Lors de manifestations contre les restrictions sanitaires à travers le monde, certains protestataires ont ainsi utilisé des symboles comme l’étoile jaune, ce qui mène à la « banalisation de l’Holocauste », selon le rapport.

L’augmentation des actes antisémites est aussi liée à la guerre ayant opposé en mai 2021 Israël et le Hamas, pour la quatrième fois depuis la prise du pouvoir à Gaza par le mouvement islamiste armé.

Sur fond de tensions ayant débuté à Jérusalem-Est, une guerre-éclair avait alors fait 260 morts côté palestinien, parmi lesquels de nombreux combattants, et 13 morts en Israël, incluant un soldat, d’après les autorités locales.

Ce conflit a « provoqué une vague de manifestations propalestiniennes et anti-israéliennes, dont la grande majorité a dégénéré en incidents antisémites et en de graves violences contre les juifs locaux », souligne le rapport.

Le document note également d’importants succès dans la lutte contre l’antisémitisme en 2021. Des pays et des gouvernements ont par exemple adopté des nouvelles lois pour lutter contre l’antisémitisme, ajoute-t-il.  

Dans un rapport séparé du Combat Antisemitism Movement (CAM), une organisation regroupant plus de 100 ONG, les auteurs affirment que l’utilisation de symboles liés à la Shoah lors de manifestations contre les mesures sanitaires liées à la pandémie de coronavirus ont permis la banalisation de la Shoah.

Une étude sur les réseaux sociaux entre 2020 et 2021 a révélé plus de 60 millions de liens établis entre la Shoah et la COVID-19, la majorité en anglais puis en hébreu et en espagnol.

« La banalisation des crimes contre l’humanité commis par les nazis alimente la propagande révisionniste qui cherche à minimiser la culpabilité nazie et à créer des espaces pour des conspirations antisémites et la négation de la Shoah », a affirmé le directeur de CAM, Sacha Roytman Dratwa.

« La mémoire de la Shoah est la base de la lutte contre l’antisémitisme et j’appelle les décideurs, les géants de l’internet et le public à prendre au sérieux cette dangereuse tendance », a-t-il ajouté.