(Beyrouth) Plus d’un million d’enfants sont menacés de violences directes au Liban, alors que le pays souffre d’une crise socioéconomique et financière inédite, a mis en garde vendredi l’ONU dans un nouveau rapport.

Publié le 17 déc. 2021
Agence France-Presse

Le Liban traverse depuis 2019 la pire crise économique de son histoire, sa monnaie nationale a déjà perdu 90 % de sa valeur et quatre Libanais sur cinq vivent désormais sous le seuil de pauvreté de l’ONU.

« Un enfant sur deux risque de subir des violences physiques, psychologiques ou sexuelles, alors que les familles peinent à survivre en raison de l’aggravation de la crise dans le pays », indique le rapport du Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF).

« Avec l’augmentation des tensions dans les foyers, la fermeture des écoles en raison de la pandémie et la détérioration des services sociaux, plus d’un million d’enfants au Liban risquent d’être des victimes de violences directes », précise le document.

Selon l’UNICEF, le nombre d’enfants victimes de maltraitances qui sont pris en charge par l’agence a augmenté de 44 % en un an, alors que le nombre d’enfants touchés par la pauvreté a doublé pour atteindre 1,8 million.

Ces enfants risquent « le travail ou le mariage forcé pour aider leurs familles à subvenir à leurs besoins ».

Une enquête menée en octobre a montré que 12 % des familles interrogées avaient envoyé au moins un enfant travailler, contre 9 % il y a six mois.

Certains, âgés de six ans, travaillent dans des fermes et dans les rues ou vendent illégalement du carburant, mettant ainsi leur vie en danger, indique le rapport.

Des familles, notamment syriennes, cherchent désespérément marier leurs filles pour obtenir en échange une dot.

Le Liban affirme accueillir plus de 1,5 million de réfugiés syriens ayant fui la guerre dans leur pays.

« Certaines familles dans le besoin abandonnent leurs nourrissons dans la rue, sans mentionner la hausse des enlèvements contre rançons », indique encore l’agence onusienne.