(Téhéran) L’Iran a accusé l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) de traitement discriminatoire, quelques jours après avoir reçu à Téhéran son directeur général et avant la reprise lundi des pourparlers sur le nucléaire iranien à Vienne.

Mis à jour le 26 nov. 2021
Agence France-Presse

« C’est une réalité. L’AIEA ne traite pas l’Iran comme elle le devrait et nous l’avons rappelé à plusieurs reprises », a déclaré jeudi soir à la télévision d’État, Behrouz Kamalvandi, porte-parole de l’Organisation iranienne de l’Énergie atomique (OIEA).

Selon lui, si l’Iran est victime d’un tel traitement c’est « d’abord parce que les organisations internationales sont sous l’influence de pays puissants. Ces derniers les financent et en échange font pression sur elles ».

« Nous essayons de faire valoir nos droits et de contrer l’image négative que (les Occidentaux) essaient de fabriquer contre nous », a encore dénoncé M. Kamalvandi, ajoutant que « l’industrie nucléaire » était « essentielle » pour le pays et qu’il ne fallait « surtout pas baisser les bras, mais au contraire poursuivre nos efforts ».

De son côté, après sa visite à Téhéran et au premier jour d’un Conseil des gouverneurs de l’AIEA dans la capitale autrichienne jeudi, le directeur Rafael Grossi avait évoqué des discussions « constructives », mais n’ayant pas débouché sur un accord.

Le pacte de Vienne sur le nucléaire iranien, conclu en 2015 entre l’Iran d’une part et les États-Unis, le Royaume-Uni, la Chine, la Russie, la France et l’Allemagne de l’autre, offrait à Téhéran la levée d’une partie des sanctions internationales étranglant son économie en échange d’une réduction drastique de son programme nucléaire, placé sous un strict contrôle de l’ONU.

Mais les États-Unis ont quitté unilatéralement l’accord en 2018 sous la présidence de Donald Trump, et rétabli leurs sanctions contre Téhéran, accusé de chercher à se doter de l’arme atomique sous couvert de programme nucléaire civil. En retour, l’Iran, qui dément avoir de telles intentions, a progressivement abandonné ses engagements.

Vendredi, à quelques jours de la reprise des négociations à Vienne, le chef de la diplomatie iranienne Hossein Amir-Abdollahian a assuré, dans un entretien téléphonique avec son homologue européen Josep Borrel,  que si « les autres parties étaient prêtes à revenir à leurs pleines obligations et à lever les sanctions, il serait possible de parvenir à un accord favorable et même immédiat ».

En tout cas, a-t-il ajouté, « nous participerons aux pourparlers de Vienne de bonne foi et sérieusement ».  

M. Amir-Abdollahian a aussi réclamé à nouveau « une garantie sérieuse et suffisante » que les États-Unis ne quitteront plus l’accord.

M. Borrel, cité dans le communiqué iranien des Affaires étrangères, a lui assuré que « le seul moyen de lever les sanctions est de relancer l’accord sur le nucléaire, grâce auquel l’Iran et la communauté internationale peuvent être assurés de la nature pacifique du programme nucléaire iranien ».