(Ovda) Mirage 2000, Rafale, F-35, EuroFighters : Israël mène actuellement son « plus important » exercice militaire aérien avec un invité de marque : le chef de l’armée de l’air des Émirats arabes unis qui ont récemment normalisé leurs relations avec l’État hébreu.

Agence France-Presse

Cet exercice se tient alors que le plan stratégique de l’armée israélienne pour 2022 désigne l’Iran comme première menace, non seulement en raison de son programme nucléaire, mais aussi du développement de ses capacités en matière de drones armés et de missiles.

L’État hébreu organise tous les deux ans depuis 2013 l’exercice « Blue Flag » dans le désert du Néguev (sud), avec cette année la participation de l’aviation militaire de sept autres pays incluant la France, les États-Unis, l’Inde, mais aussi la Luftwaffe allemande et la RAF britannique, qui effectue ses premiers vols en Israël depuis la création de cet État en 1948.

Avec plus de 70 avions de combat et 1500 personnels, il s’agit cette année du « plus important » exercice militaire aérien jamais effectué en Israël, a affirmé le chef des opérations de l’armée de l’air israélienne, Amir Lazar, sur la base militaire d’Ovda, près d’Eilat, dans le sud d’Israël.

Et lundi, le chef de l’aviation militaire émiratie, le général Ibrahim Nasser Mohammed Al Alawi, est arrivé dans le pays où il s’est entretenu avec le N.1 de l’armée de l’air israélienne, le général Amikam Norkin qui a fait état d’un « jour historique d’une très grande importance » pour les deux armées.

Le général émirati doit se rendre mardi à la base d’Ovda, pour assister aux exercices militaires.

« Les accords d’Abraham (nom donné à la normalisation récente des relations entre Israël et des pays arabes) ont ouvert de nouvelles possibilités de collaboration […] Nous souhaitons accueillir l’aviation militaire émiratie en Israël », a ajouté M. Lazar.

Invité officiellement la semaine dernière aux Émirats, le premier ministre israélien, Naftali Bennett, a déclaré qu’il allait se rendre dans ce pays du Golfe, sans toutefois préciser de date.

Si l’armée israélienne affirme que l’exercice militaire « ne se concentre pas » sur l’Iran, elle le considère toutefois comme une « démonstration de force » face à Téhéran qui, selon elle, a exporté ses drones en Irak, au Yémen, en Syrie et au Liban, pour le compte du Hezbollah libanais.

Israël dit avoir intercepté trois drones en vol lors des affrontements meurtriers de mai avec le Hamas, au pouvoir à Gaza. Comme ces engins sans pilote sont petits et volent à basse altitude, ils sont plus difficiles à intercepter, estiment les militaires.

Dans cet exercice militaire, les armées se préparent aussi à éviter des tirs de missiles sol-air. L’État hébreu, qui mène des frappes aériennes contre des éléments jugés pro-iraniens en Syrie, a évité des centaines de ses tirs ces dernières années dans ce pays.