(Beyrouth) Les hélicoptères de l’armée et les secouristes de la défense civile au Liban bataillent vendredi pour le troisième jour consécutif contre de gigantesques feux qui ravagent des forêts de pins dans le nord du Liban et menacent des zones habitées.

Agence France-Presse

Le feu, qui s’est déclaré mercredi après-midi dans la région de l’Akkar, « se propage rapidement sur de vastes étendues », a indiqué vendredi le ministre de l’Agriculture Abbas Mortada.

« Le feu progresse dans toutes les directions », en raison de vents forts, atteignant même la Syrie voisine, selon le ministre.

L’armée a déployé vendredi dès l’aube deux hélicoptères pour tenter de circonscrire les flammes, selon l’Agence nationale d’information (ANI). Dans la région de Jabal Akroum, des habitants ont été contraints de quitter leur maison dans la nuit.

Jeudi, un vidéaste de l’AFP a filmé les flammes dévorant les arbres sur le flanc boisé de la montagne à Qoubayat, au milieu de volutes de fumée blanche, tandis que des hélicoptères déchargeaient des trombes d’eau sur les forêts.

Au sol, des volontaires déroulaient les longs tuyaux depuis les camions de la défense civile, s’approchant autant que possible des flammes malgré le manque d’équipement de protection, certains suffoquant à cause de la fumée.

Le directeur des opérations de la Défense civile libanaise George Abou Moussa a assuré vendredi que ses équipes étaient mobilisées. « Mais il y a certaines zones auxquelles nous ne pouvons pas accéder », a-t-il dit.

L’État libanais, à court de liquidités, espère l’envoi d’avions bombardiers d’eau depuis l’étranger, notamment la Grèce ou Chypre, selon Abbas Mortada.

Mercredi, un volontaire de 15 ans a été tué alors qu’il s’était engagé pour lutter contre les feux.

En octobre 2019, le Liban avait connu des feux de forêt au sud de la capitale que les autorités avaient peiné à circonscrire. Preuve s’il en faut de l’incurie des pouvoirs publics, avaient alors estimé les Libanais qui citaient régulièrement cet exemple lors du mouvement de contestation populaire à l’automne 2019.

En Syrie voisine, le feu qui s’était propagé depuis le territoire libanais vers la région de Quousseir est « totalement éteint », selon l’agence de presse syrienne qui cite les autorités locales.