(Bagdad) L’Irak a enregistré 12 180 cas de contaminations au nouveau coronavirus ces dernières 24 heures, le plus haut chiffre jamais enregistré depuis le début de la pandémie en mars 2020, selon les données publiées lundi par le ministère de la Santé.

Agence France-Presse

Plus de 1,5 million de personnes ont été contaminées et 18 347 sont mortes au total, dans un pays dont le système de santé est en décrépitude, et où la population reste très sceptique face aux vaccins.

Résultat des rassemblements religieux

Le record enregistré lundi « ne nous surprend malheureusement pas, en raison du non-respect des mesures sanitaires obligatoires telles que l’interdiction des rassemblements ou le port du masque », a déclaré à la presse le porte-parole du ministère de la Santé Saïf al-Badr.

« Cette augmentation est probablement due à la période des fêtes de l’Aïd qui a entraîné de nombreux rassemblements en dépit des avertissements du ministère », a-t-il ajouté, en s’inquiétant d’une « situation épidémique dangereuse ».

La hausse la plus forte des contaminations a été enregistrée au Kurdistan, dans le nord du pays, avec plus de 3500 cas, plus du double des cas quotidiens enregistrés en moyenne au cours des derniers jours.

Sur 40 millions d’Irakiens, à peine plus de 1,3 million ont été vaccinés à ce jour, selon les chiffres du ministère, qui ne précise pas le nombre de personnes ayant reçu leurs deux doses.

Scepticisme vaccinal

Défiance vis-à-vis des institutions, circulation de fausses informations : le gouvernement irakien ne parvient pas à atténuer le scepticisme général face au vaccin et aux mesures de prévention contre la maladie, même si une augmentation de la fréquentation des centres de vaccination est constatée depuis quelques jours, selon des correspondants de l’AFP.

Le système sanitaire, rongé par des années de corruption, de conflits et de négligences, peine à faire face à l’augmentation de l’épidémie dans le pays.

Deux incendies meurtriers dans des unités COVID-19 d’un hôpital de Bagdad en avril (plus de 80 morts) et de Nassiriya dans le sud mi-juillet (60 morts) ont illustré la déshérence du système hospitalier et alimenté la colère et la défiance de la population.

« Nous pouvons contenir les infections en dépit de l’énorme pression sur nos institutions de santé », a cependant estimé M. al-Badr, renouvelant ses appels à la population à respecter les mesures de précaution et à se vacciner.