(Téhéran) Le guide suprême de la République islamique d’Iran Ali Khamenei a affirmé vendredi qu’Israël n’était « pas un pays, mais une base terroriste » à combattre, à l’occasion de la « Journée de Jérusalem », dans un contexte de vives tensions entre les deux pays ennemis.

Agence France-Presse

Israël s’inquiète notamment de la présence iranienne en Syrie voisine, en soutien au régime de Bachar al-Assad, et du développement du programme nucléaire de Téhéran. L’Iran a accusé les services israéliens d’avoir saboté en avril son usine d’enrichissement d’uranium de Natanz et d’avoir tué un scientifique iranien à Téhéran en novembre.

« Israël n’est pas un pays, mais une base terroriste contre la nation palestinienne et les autres nations musulmanes. Combattre ce régime despotique, c’est se battre contre l’oppression et le terrorisme et c’est le devoir de chacun », a déclaré l’ayatollah Khamenei.

Il s’exprimait à l’occasion de la journée Al-Qods (Jérusalem en arabe), célébrée par la République islamique chaque quatrième vendredi du mois de jeûne musulman du ramadan, en solidarité avec les Palestiniens.

Vendredi, des heurts ont eu lieu entre des Palestiniens et la police israélienne à Jérusalem-Est (partie de la Ville sainte occupée et annexée par l’État hébreu) sur fond de bataille juridique sur le sort de familles palestiniennes menacées d’éviction au profit de colons israéliens et de tensions accrues en Cisjordanie occupée.

« Déclin »

Dans son discours, M. Khamenei s’en est aussi pris au « plan de paix » pour le Proche-Orient de l’ex-président américain Donald Trump, embrassé par le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou, mais rejeté en bloc par les Palestiniens.

Il a aussi répété sa condamnation des récentes normalisations des relations entre Israël et plusieurs pays arabes.

« “L’accord du siècle” (surnom du plan Trump, NDLR), qui est un échec, et les tentatives de normalisation des relations entre le régime d’occupation (Israël, NDLR) et quelques gouvernements arabes faibles sont de lâches entreprises (de la part de ceux qui y participent) pour échapper au cauchemar (qu’est pour eux) l’unité des musulmans », a déclaré M. Khamenei.

Ces normalisations ont rompu avec le consensus arabe qui conditionnait les relations avec Israël à une solution au conflit avec les Palestiniens.

« Je le dis avec force : ces efforts ne mèneront nulle part. Le déclin et le mouvement du régime sioniste vers sa chute ont commencé et ne s’arrêteront pas », a ajouté M. Khamenei.

Téhéran ne reconnaît pas l’État d’Israël, proclamé en mai 1948, et son hostilité à l’égard de l’État hébreu est une constante depuis la révolution islamique de 1979.  

Téhéran soutient ouvertement des groupes armés palestiniens comme le Hamas ou le Djihad islamique, ainsi que le Hezbollah libanais, ennemi d’Israël à sa frontière nord.  

« Tumeur cancéreuse »

Le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, a également appelé vendredi à renforcer « l’axe de la résistance » face à Israël, à l’occasion de la journée d’Al-Qods. « L’axe de la résistance » inclut l’Iran et ses alliés engagés contre Israël et la présence américaine au Moyen-Orient.

En juin 2018, M. Khamenei avait réaffirmé la « position » de Téhéran selon laquelle Israël est pour le Moyen-Orient « une tumeur cancéreuse maligne qui doit être enlevée et éradiquée ».  

Des généraux iraniens affirment régulièrement que l’Iran détruira Israël ou des villes comme Tel-Aviv et Haïfa si l’État hébreu attaque la République islamique, mais la rhétorique officielle iranienne affirme qu’Israël cessera d’exister à cause de sa propre « arrogance ».

À Téhéran, les manifestations organisées normalement pour la journée Al-Qods ont été annulées à cause de la pandémie de COVID-19. Mais la télévision d’État a montré les habituelles images de manifestants et automobilistes sortis « spontanément », notamment pour brûler des drapeaux israéliens.

Au Yémen, des milliers de personnes ont manifesté dans la capitale Sanaa, aux mains des rebelles houthis, soutenus par Téhéran, certains brandissant des pancartes barrées du slogan « Mort à l’Amérique, Mort à Israël ».  

Des protestataires ont également brûlé le drapeau de l’État hébreu dans les rues de Najaf en Irak et ont manifesté à Karachi, au Pakistan.