(Washington) Les États-Unis et les Européens ont appelé vendredi à une reprise « immédiate » et « sans conditions préalables » des négociations en Afghanistan, accusant les talibans de faire régner la violence durant le retrait des forces étrangères et de bloquer le processus de paix.

Agence France-Presse

Les émissaires de Washington, de l’Union européenne, de l’OTAN et de plusieurs pays européens se sont rencontrés jeudi à Berlin pour faire le point alors que les forces internationales ont engagé leur retrait total d’Afghanistan, que le président américain Joe Biden a promis de terminer au plus tard le 11 septembre, pour le 20e anniversaire des attentats de 2001.

Dans un communiqué commun, ils « exhortent à la reprise immédiate, sans conditions préalables, de négociations substantielles sur l’avenir de l’Afghanistan dans le but de développer et négocier un compromis réaliste sur le partage du pouvoir qui puisse mener à un gouvernement inclusif et légitime ».

« Le processus de retrait des troupes ne doit pas servir de prétexte aux talibans pour suspendre le processus de paix », ont-ils mis en garde.

Les négociations directes inédites entre le gouvernement de Kaboul et les talibans ont débuté en septembre au Qatar mais elles piétinent. Une conférence spéciale était prévue fin avril en Turquie pour les relancer, mais elle a dû être reportée sine die en raison du refus de participer des talibans pour protester contre le retard du retrait américain, initialement fixé au 1er mai par l’ex-président Donald Trump.

Depuis le début du retrait des forces étrangères, d’intenses affrontements sont en cours, notamment dans la province méridionale du Helmand. Des avions américains ont aidé à repousser l’offensive majeure des talibans, qui a conduit des milliers d’Afghans à fuir leur domicile pour échapper aux violences, dans la région de Lashkar Gah.

En outre, les insurgés ont conquis un district dans le Nord et ils se sont emparés du deuxième plus grand barrage d’Afghanistan après des mois de féroces combats dans la province de Kandahar, dans le sud du pays.

Les émissaires américain et européens ont « fermement condamné la violence persistante en Afghanistan, pour laquelle les talibans sont largement responsables ». Ils ont réclamé que les insurgés « cessent leur offensive de printemps non déclarée ».

« Toute attaque des talibans contre nos troupes » pendant le retrait international « déclenchera une riposte énergique », ont-ils prévenu.

Ils ont plus largement demandé à tous les belligérants de prendre « des mesures immédiates et nécessaires » pour faire baisser la tension puis pour aboutir à « un cessez-le-feu permanent et global ».