(Beyrouth) Le nord-ouest de la Syrie, dominé par des djihadistes et des rebelles, doit recevoir d’ici mars les premières doses du vaccin anti-COVID-19 AstraZeneca, a assuré mardi l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), une initiative intervenant dans le cadre du programme mondial de vaccination Covax.

Publié le 23 févr. 2021
Agence France-Presse

La région d’Idlib et ses environs vont recevoir 336 000 doses du vaccin, « couvrant environ 4 % de la population totale du Nord-Ouest », a indiqué à l’AFP le bureau de l’OMS responsable de la Syrie.

Quelque « 35-40 % des vaccins seront disponibles au cours du premier trimestre et 60-65 % au deuxième trimestre », précise l’organisation.

Environ 120 000 doses du vaccin AstraZeneca devraient arriver d’ici mars dans le secteur, a indiqué à l’AFP un porte-parole de la Direction de la Santé locale.

« Elles couvriront 60 000 personnes » parmi le personnel médical, les personnes âgées et les malades souffrant de maladies chroniques, a précisé le porte-parole Imad Zahran.

Dans une Syrie morcelée par la guerre, les autorités locales dans les territoires insurgés du Nord-Ouest avaient réclamé l’inscription de leurs régions au programme Covax, mis en place par l’OMS pour distribuer les vaccins anti-COVID-19 aux pays défavorisés.

Quelque 4 millions de personnes vivent dans le Nord-Ouest syrien, selon l’ONU. La région a officiellement enregistré 21 136 cas de COVID-19, dont 408 décès.

Elle englobe le bastion d’Idlib, dominé par les djihadistes de Hayat Tahrir al-Cham, l’ex-branche syrienne d’Al-Qaïda, mais aussi des petites poches insurgées à la frontière turque, gérées par des rebelles pro-Ankara.

De son côté, le gouvernement à Damas a adhéré au programme Covax en janvier, autorisant par ailleurs lundi l’utilisation sur son territoire du vaccin de l’allié russe, Spoutnik V.

Le régime a été accusé par le passé d’empêcher l’arrivée d’aides vitales à des bastions de l’opposition qui échappent à son contrôle.

Début février, l’ONG Human Rights Watch avait plaidé pour une distribution « équitable » des vaccins, rappelant que « le gouvernement syrien ne s’est jamais gêné pour entraver l’accès aux soins médicaux ».

Les zones kurdes en particulier, dans le Nord-Est, sont à la merci du régime, ne bénéficiant plus du dispositif d’aides transfrontalières parrainé par l’ONU qui permettait autrefois d’y faire entrer plus librement des aides internationales.

« Des discussions sont en cours avec l’OMS pour se fournir en vaccins anti-COVID-19 », a assuré à l’AFP un responsable local kurde.