(Nations unies) Le Conseil de sécurité de l’ONU a échoué mardi à s’entendre sur une déclaration commune sur la Syrie, au terme d’une journée de négociations marquée par un appel de l’émissaire de l’Organisation pour ce pays à l’unité internationale pour relancer un processus politique dans l’impasse, selon des diplomates.

Mis à jour le 9 févr. 2021
Agence France-Presse

La Russie, principal soutien de Damas, a bloqué à plusieurs reprises les négociations, ont expliqué à l’AFP ces sources. Il n’a pas été possible d’obtenir un commentaire de la mission diplomatique russe auprès de l’ONU sur les raisons de l’échec.

Dans la matinée, lors d’une réunion à huis clos du Conseil, l’émissaire de l’ONU pour la Syrie, Geir Pedersen, avait appelé le Conseil de sécurité à s’unir pour sortir de l’impasse, en reconnaissant l’échec fin janvier de la dernière réunion du Comité constitutionnel censé réformer la Constitution et ouvrir la voie à des élections transparentes en Syrie.

PHOTO DENIS BALIBOUSE, ARCHIVES REUTERS

L’émissaire de l’ONU pour la Syrie, Geir Pedersen.

« Les divisions actuelles au sein de la communauté internationale doivent être comblées », a-t-il déclaré à quelques journalistes à l’issue de sa visioconférence avec le Conseil de sécurité.

Il y a la « nécessité d’une diplomatie internationale constructive sur la Syrie. Sans cela, il est peu probable qu’une voie constitutionnelle avance réellement », a ajouté l’émissaire.

Depuis le début du conflit en 2011, qui a fait plus de 380 000 morts, le dossier a très souvent opposé les Occidentaux à la Russie, premier soutien du régime syrien, et à la Chine.

La réunion fin janvier, la cinquième du genre, a été « une opportunité manquée et une déception », a aussi reconnu l’émissaire de l’ONU qui l’avait lui-même organisée avec des représentants du régime, de l’opposition et de la société civile.

Le Comité constitutionnel syrien, chargé de modifier la Constitution de 2012 en vue de prochaines élections, a été créé en septembre 2019 et inauguré le 30 octobre 2019 à Genève.

Lors de la visioconférence du Conseil de sécurité, les Occidentaux ont été unanimes à dénoncer « l’échec » du processus politique pour une fin de conflit en Syrie, en attribuant sa responsabilité au régime syrien, selon des diplomates.

La révision de la Constitution syrienne figure dans la résolution 2254, adoptée en décembre 2015 par le Conseil de sécurité, qui prévoit également l’organisation d’élections sous la supervision des Nations unies.

La déclaration en négociations toute la journée de mardi visait notamment à réaffirmer l’importance de cette résolution.

La dernière déclaration sur la Syrie adoptée par le Conseil de sécurité remonte à octobre 2019. Elle avait alors eu pour objectif de saluer la création d’un Comité constitutionnel « crédible, équilibré et inclusif ».