(Kaboul) Un éminent dignitaire religieux et deux autres personnes ont été tués mardi dans une série d’attentats à la bombe en Afghanistan, dont quatre dans la capitale Kaboul, ont indiqué des responsables.

Publié le 2 févr. 2021
Agence France-Presse

Ces attentats commis avec des bombes fixées sur les véhicules de leurs cibles sont devenus l’une des tactiques privilégiées des insurgés, notamment aux heures de grande affluence sur les routes de la capitale.

Mohammad Atif, un religieux afghan réputé faisant partie d’une association caritative basée à Kaboul, a été tué ainsi qu’une autre personne dans l’explosion d’une bombe qui visait leur voiture dans le centre de la capitale, selon des responsables.

Ferdaws Faramarz, le porte-parole de la police de Kaboul, a précisé que deux autres civils ont été blessés dans cette explosion.

Le président Achraf Ghani a condamné l’attentat, l’imputant aux talibans qui ont démenti être impliqués dans l’assassinat du religieux.  

« Les talibans doivent comprendre qu’ils ne pourront pas réaliser les mauvaises intentions de leurs maîtres à travers la violence et la terreur ni échapper à la responsabilité de tels crimes », a affirmé le chef de l’État dans un communiqué.

Une deuxième explosion qui visait un véhicule du ministère de l’Intérieur à Kaboul a blessé deux personnels de sécurité,  et une autre personne a été blessée dans un troisième attentat dans la capitale.

Une quatrième bombe qui visait la voiture d’un député a explosé également à Kaboul, faisant deux blessés. Le député ne se trouvait pas dans le véhicule au moment de l’explosion.

Dans la ville instable de Jalalabad (est), un policier a été tué et deux autres blessés dans une attaque à la bombe similaire.  

Et un véhicule de la police a été visé dans la province de Parwan, au nord de la capitale, sans que l’explosion fasse de victime, selon la police.

La série d’attentats de mardi n’ont pas été revendiqués.  

Les assassinats ciblés de journalistes, personnalités politiques et défenseurs des droits, sont devenus de plus en plus fréquents ces derniers mois en Afghanistan.

Même si l’organisation État islamique a revendiqué certaines de ces attaques qui ont semé la peur et le chaos dans le pays, Kaboul et Washington les imputent aux talibans.

Les pourparlers de paix ouverts en septembre à Doha entre les talibans et le gouvernement afghan pour mettre fin à deux décennies de guerre avancent au ralenti.

La recrudescence des violences à Kaboul et dans plusieurs provinces afghanes a conduit l’administration du président américain Joe Biden à annoncer un réexamen de l’accord signé en février 2020 à Doha avec les insurgés, qui prévoit le retrait total des troupes américaines d’ici mai.