(Nations unies) La Russie a proposé mardi à l’ONU une conférence ministérielle internationale au printemps ou à l’été sur le conflit israélo-palestinien, avec une dizaine de participants, les États-Unis promettant de leur côté de renouer les relations avec les Palestiniens.

Agence France-Presse

En rappelant que la Russie avait approuvé dès le départ la demande faite en septembre par le président palestinien Mahmoud Abbas d’une conférence internationale début 2021 pour « lancer un processus de paix », le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a détaillé qui pourrait y participer, lors d’une visioconférence sur le Proche-Orient du Conseil de sécurité.

« Nous proposons d’envisager au printemps-été 2021 de tenir une conférence ministérielle internationale à laquelle participeraient la Russie, les États-Unis, les Nations unies, l’Union européenne en temps que membres du Quartet (organisme de médiation au Proche-Orient), ainsi que quatre États arabes, Égypte, Jordanie, Émirats arabes unis et Bahreïn, et bien entendu Israël et la Palestine », a-t-il dit.

« Il serait également important d’inviter l’Arabie saoudite qui est à l’origine de l’initiative de paix arabe », a-t-il ajouté, sans donner de date ni de lieu précis pour une telle conférence.

« Cette réunion pourrait être une plateforme pour réaliser une analyse complète de la situation et aider les pays à établir un dialogue », a estimé Sergueï Lavrov, en rappelant que la Russie était aussi « prête à organiser à Moscou une réunion entre Israël et la Palestine au plus haut niveau ».

Parmi les interventions, la Chine a apporté son soutien à l’idée russe d’une conférence internationale, guère évoquée par les autres membres du Conseil.

Lors de la dernière Assemblée générale annuelle de l’ONU, Mahmoud Abbas, qui avait rejeté un plan de paix de l’ex-président Donald Trump jugé déséquilibré, avait souligné que le règlement du conflit israélo-palestinien devait se réaliser « sur la base du droit international » et des paramètres agréés par la communauté internationale.

Lors de la session mardi, la quasi-totalité des intervenants, dont les États-Unis, a réaffirmé la nécessité d’une « solution à deux États », agréée par Israël et Palestine, qui vivraient côte à côte et en sécurité.

« L’administration Biden va rétablir un engagement crédible des États-Unis avec les Palestiniens et les Israéliens », a assuré l’ambassadeur des États-Unis par intérim auprès de l’ONU, Richard Mills, sans précision.

Le nouveau président a « l’intention de rétablir les programmes d’assistance américains qui soutiennent le développement économique et l’aide humanitaire pour le peuple palestinien et de prendre des mesures pour rouvrir les missions diplomatiques fermées par la dernière administration », a-t-il ajouté, sans détails.

Depuis quatre ans, les États-Unis ont notamment arrêté des financements à l’agence de l’ONU pour les réfugiés palestiniens et fermé le bureau de représentation palestinienne à Washington.  

Dans une déclaration commune, les membres de l’Union européenne au Conseil de sécurité, l’Irlande, l’Estonie et la France, ont appelé de leur côté « le gouvernement israélien à faire preuve de leadership, en profitant de la dynamique positive des accords de normalisation de ces derniers mois ». « (Nous) appelons les deux parties à prendre des mesures concrètes et mutuelles pour rétablir la confiance, ce qui est nécessaire pour une éventuelle reprise de négociations israélo-palestiniennes », ont-ils ajouté.

Pour la première fois depuis 15 ans, des élections palestiniennes sont prévues cette année, des législatives le 22 mai et une présidentielle le 31 juillet, auxquelles les Européens ont promis leur soutien.