(Bnei Brak) Le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou a dénoncé lundi les violences liées aux restrictions sanitaires survenues dans des localités et quartiers ultra-orthodoxes, et a salué la « manière forte » utilisée par la police qui a arrêté treize personnes.

Agence France-Presse

Dimanche soir, des heurts ont opposé la police à des juifs ultra-orthodoxes protestant contre le strict confinement imposé pour lutter contre la pandémie de COVID-19 et prolongé après l’importante hausse des cas dans le pays.

Dans le quartier de Bnei Brak, près de Tel-Aviv, un bus a été pris d’assaut puis incendié, et son chauffeur blessé et hospitalisé. Dix habitants ont été arrêtés, a indiqué la police.

Des pompiers de Bnei Brak ont affirmé avoir été attaqués à coups de pierres en tentant d’éteindre l’incendie du bus. Lundi après-midi, le calme était revenu dans ce quartier, selon un journaliste de l’AFP sur place.

Lundi, dans un quartier ultra-orthodoxe de la ville de Beit Shemesh, au sud de Jérusalem, des policiers venus fermer une école ouverte en violation des restrictions ont été attaqués par des habitants. Trois policiers ont été blessés, a indiqué la police, faisant aussi état de trois arrestations.

« Les personnes qui ont incendié le bus ont été arrêtées et la police utilise la manière forte comme elle doit le faire contre les personnes qui ne respectent pas la loi », a déclaré M. Nétanyahou lors d’une visite dans un centre de vaccination à Jérusalem.

Après l’attaque contre son bus, le chauffeur, Eyal Tzipori, a déclaré à une radio : « je ne sais pas comment je suis toujours en vie ». Selon lui, une cinquantaine de personnes ont jeté des pierres et brisé les fenêtres du bus, après avoir bloqué la route et incendié des poubelles et des pneus. « L’un des émeutiers est monté à bord et a commencé à me frapper », a-t-il raconté.

« Nous ferons le maximum pour trouver les responsables des actes criminels », a affirmé la police après ces violences, précisant avoir fait face à des « troubles » ayant « mis en péril la vie de secouristes et du public ».

M. Nétanyahou s’est également félicité du vote en première lecture par le Parlement d’un projet de loi sur une augmentation des amendes contre les contrevenants aux restrictions.

Après les violences, le grand rabbin séfarade d’Israël, Yitzhak Yossef, a dénoncé « l’attitude violente de jeunes qui sont éloignés des valeurs de la Torah », tout en appelant les policiers à la « retenue ».

Pour beaucoup d’Israéliens, les haredim (« craignant Dieu » en hébreu, 12 % de la population) sont en grande partie responsables de la circulation du virus dans le pays.

Il y a une semaine, un mariage organisé à Bnei Brak ayant rassemblé des centaines de personnes malgré le confinement a fait polémique.

Ce confinement, en vigueur depuis fin décembre, a été prolongé jusqu’à fin janvier dans le pays où plus de 605 000  cas ont été officiellement recensés jusque-là, dont 4478  décès.

Israël a également décrété dimanche la suspension pour près d’une semaine des vols internationaux afin de limiter la propagation des variants de la COVID-19 parallèlement à une ambitieuse campagne de vaccination.