(Dubaï) « Soyez vous-mêmes », a conseillé lundi l’ex-première ministre britannique Theresa May aux femmes présentes au Global Women’s Forum à Dubaï, affirmant qu’elle avait elle-même refusé à son arrivée au Parlement en 1997 de se conformer aux traditions masculines qui y régnaient.

Agence France-Presse

« J’ai fait de la politique différemment des hommes […] quand je suis arrivée à la Chambre des communes, on donnait beaucoup d’importance aux hommes qui buvaient ensemble, formaient des groupes », a-t-elle raconté, provoquant des rires au sein d’une audience majoritairement féminine.

« Certaines femmes se sentaient obligées de les rejoindre. Je ne l’ai pas fait, je voulais faire les choses comme je le souhaitais, j’ai tracé mon chemin et hé ! je suis devenue première ministre », a ajouté sur un ton enjoué celle qui fut aussi ministre de l’Intérieur, réputée pour son sérieux, mais affublée par certains éditorialistes du surnom « Maybot », une contraction de « May le robot ».

Ex-ministre des Femmes et des Égalités – un portefeuille « nécessaire » selon elle –, première femme à la tête du Parti conservateur et fondatrice du groupe de pression Women2Win, Mme May a démissionné de son poste de première ministre en juillet 2019, accablée de critiques pour son incapacité à mener à bien le Brexit, grand absent de son intervention à Dubaï.

Ses mémoires un jour, peut-être, mais pas bientôt

Fin septembre, lors de sa première apparition publique majeure après son départ de Downing Street, elle avait déclaré ne pas être pressée d’écrire ses mémoires.

Réitérant que beaucoup, dont l’ancien ministre des Affaires étrangères britannique William Hague, lui avaient affirmé qu’il était « important que les personnes au centre d’événements (historiques) écrivent pour que les historiens puissent les observer du point de vue des individus impliqués », Mme May n’a cependant pas exclu de prendre la plume à l’avenir.

« Vous pouvez perdre une élection », a-t-elle déclaré, conseillant à une assemblée de femmes conquises de « persévérer » malgré les échecs et mettant en valeur les thèmes sur lesquels elle « continue de travailler » en tant que députée : les violences conjugales, l’esclavage moderne et les questions autour de la santé mentale.

Apparaissant détendue, vêtue d’une longue veste à fines rayures et d’un de ses traditionnels imposants colliers, au cours d’un échange policé avec l’ambassadrice émiratie aux Nations unies Lana Nusseibah, Theresa May a également raconté comment, faute d’endroit pour se changer dans un avion alors qu’elle se rendait à un dîner, elle a revêtu sa tenue de gala dans le cockpit, improvisant une cabine d’essayage avec un drap et du ruban adhésif.