(Beyrouth) Les forces du régime syrien sont sur le point de reprendre l’intégralité d’une autoroute stratégique dans la région d’Idleb, dernier bastion sous contrôle djihadiste et rebelle qu’elles cherchent à reconquérir dans le nord-ouest de la Syrie, a indiqué dimanche l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

Agence France-Presse

Cinq civils ont été tués dans des frappes aériennes sur le sud-ouest d’Alep et le sud d’Idleb, selon l’OSDH. Trois d’entre eux sont morts dans des raids russes, a affirmé l’ONG.

L’autoroute M5 relie le sud du pays à la grande ville d’Alep dans le nord, en passant par Damas, la capitale. Ces deux métropoles sont aux mains du régime.

Soutenu par l’aviation russe, le régime de Bachar al-Assad a lancé en décembre une nouvelle offensive dans la région d’Idleb qui lui échappe avec en ligne de mire la reconquête de cet axe routier clé.

Un peu plus de la moitié de la province d’Idleb et des secteurs attenants des provinces voisines d’Alep, Hama et Lattaquié, sont toujours dominés par les djihadistes de Hayat Tahrir al-Cham (HTS, ex-branche syrienne d’Al-Qaïda).

La région abrite aussi d’autres groupuscules djihadistes et des groupes rebelles affaiblis.

Selon l’OSDH, seul un tronçon de la M5, long de deux kilomètres et situé dans l’ouest de la province d’Alep, échappe toujours au pouvoir.

« Les forces du régime ont encore avancé sur le terrain dimanche, prenant le contrôle de plusieurs villages » situés près de l’autoroute, a indiqué à l’AFP le directeur de l’OSDH, Rami Abdel Rahmane.

En début de soirée, les « combats se poursuivaient » dans le secteur, tandis que les « bombardements se sont intensifiés », a ajouté M. Abdel Rahmane.  

Dans un communiqué publié dimanche, l’armée a indiqué avoir reconquis ces derniers jours « des dizaines de villages et localités » dans le sud d’Idleb et l’ouest d’Alep, s’emparant au total de « 600 km2 ».

L’armée syrienne a repris samedi aux djihadistes et rebelles la ville clé de Saraqeb, traversée par la M5, après la reconquête fin janvier de la ville de Maaret al-Noomane, la deuxième plus grande de la province d’Idleb, située également sur la M5.

Par ailleurs, le gouvernement syrien a approuvé dimanche un plan visant à « rétablir progressivement les services (publics) dans les zones libérées […] des gouvernorats d’Alep et d’Idleb », a rapporté l’agence officielle Sana.

L’opération militaire lancée à la mi-décembre par le régime, soutenu par Moscou, a tué plus de 300 civils selon l’OSDH, et provoqué l’exode de 586 000 civils, d’après l’ONU.

L’avancée des forces du régime suscite le courroux de la Turquie qui avait convenu en septembre 2018 avec la Russie de créer une « zone démilitarisée » sous contrôle russo-turc dans cette région.

Depuis vendredi, 350 véhicules turcs ont franchi la frontière syro-turque en direction d’Idleb, selon l’agence étatique turque Anadolu.

Le front de la région d’Idleb représente la dernière grande bataille stratégique pour le régime syrien, qui contrôle désormais plus de 70 % du territoire national, selon l’OSDH.

Le conflit en Syrie a fait plus de 380 000 morts depuis 2011 et jeté sur la route de l’exil plus de la moitié de la population d’avant-guerre.