Le vol 752 d’Ukraine International Airlines a été vraisemblablement abattu par un missile surface-air iranien, a indiqué dans un point de presse le premier ministre canadien Justin Trudeau, jeudi. 

Jean-François Codère Jean-François Codère
La Presse

« Nous avons des renseignements provenant à la fois de nos alliés et de nos propres services, a déclaré M. Trudeau. Ces renseignements indiquent que l’avion aurait été abattu par un missile surface-air iranien. Cela pourrait avoir été accidentel. Cette nouvelle vient confirmer la nécessité d’une enquête approfondie dans cette affaire. »

L’écrasement survenu mercredi près de Téhéran a coûté la vie à 176 personnes, dont 63 Canadiens.

Interrogé à savoir quelle pourrait être la réponse du Canada à cet incident, M. Trudeau a rappelé qu’il fallait d’abord qu’une enquête « complète, approfondie et crédible » permette d’obtenir des réponses définitives.

« Nous reconnaissons que ça a peut-être été une situation involontaire, ce qui rend la tenue d’une enquête encore plus importante. »

Le ministre des Affaires étrangères François-Philippe Champagne s’est entretenu mercredi soir avec son homologue iranien pour demander à ce que le Canada participe à l’enquête. La réponse se fait toujours attendre, selon M. Trudeau. Selon certains rapports, l’Iran aurait déjà donné son accord.

Selon des médias américains, l’avion aurait été atteint par des missiles SA-15, aussi connus sous l’appellation Tor, conçus par la Russie. Ceux-ci auraient possiblement pris l’avion civil pour un avion militaire américain, au moment où l’Iran était en état d’alerte maximal en anticipation d’une possible riposte à son attaque d’une base militaire en Irak abritant entre autres des soldats américains et canadiens.

PHOTO EBRAHIM NOROOZI, ASSOCIATED PRESS

Selon des médias américains, l’avion aurait été atteint par des missiles SA-15, aussi connus sous l’appellation Tor, conçus par la Russie.

Les services de renseignements américains auraient détecté, par imagerie satellite, des indices de l’envoi de missiles.

Plus tôt dans la journée, les autorités iraniennes avaient fortement nié cette possibilité.

« Plusieurs vols intérieurs et internationaux volaient au même moment dans l’espace iranien à la même altitude de 8000 pieds, et cette histoire de frappe de missile sur l’avion ne peut pas du tout être correcte », indiquait un communiqué sur le site du ministère des Transports iraniens.

« De telles rumeurs n’ont aucun sens », ajoutait le texte, qui cite Ali Abedzadeh, président de l’Organisation de l’aviation civile iranienne (CAO) et vice-ministre des Transports.

Un rapport préliminaire des autorités ukrainiennes faisant état de différentes possibilités à l’étude plaçait de son côté l’impact d’un missile antiaérien en tête de liste.

« L’avion volait au-dessus d’un quartier difficile, quelqu’un a peut-être fait une erreur de l’autre bord. Pas de notre bord, mais de l’autre bord. C’est triste ce qui est arrivé », a pour sa part déclaré le président américain Donald Trump lors d’une mêlée de presse à la Maison-Blanche jeudi matin.