(Jérusalem) Le ministre israélien des Affaires étrangères Gabi Ashkenazi a annoncé mercredi quitter le parti « Bleu-Blanc » dirigé par le ministre de la Défense Benny Gantz, qui avait déclaré la veille se représenter en vue des législatives de mars.

Agence France-Presse

Cette défection d’un ténor du parti « Bleu-Blanc », que M. Ashkenazi avait cofondé, s’ajoute à celle du ministre de la Justice Avi Nissenkorn, qui a rejoint la nouvelle formation centriste « Les Israéliens », lancée mardi par Ron Huldai, le maire de Tel Aviv.

« Je n’ai pas l’intention de […] me présenter aux prochaines élections pour’Bleu-Blanc’et je vais prendre une pause pour envisager la suite du chemin », a déclaré M. Ashkenazi sur Twitter.

Ancien chef d’état-major de l’armée, Gabi Ashkenazi avait été nommé ministre des Affaires étrangères en mai 2020.

Contrairement à Avi Nissenkorn, M. Gantz n’a pas demandé à M. Ashkenazi de démissionner, a indiqué à l’AFP une porte-parole de « Bleu-Blanc ».

« Je respecte la décision de mon ami Gabi Ashkenazi et partage ma sincère gratitude pour ces deux années de partenariat pour le bien de notre pays », a-t-il écrit sur Twitter.

Arrivé en tête lors des législatives de septembre 2019, la formation centriste que les deux hommes avaient cofondée début 2019 est désormais créditée de la huitième place (cinq sièges) pour le scrutin du 23 mars.

Mardi, Benny Gantz s’est pourtant dit prêt à se battre, malgré sa chute dans les sondages et des défections au sein de son parti.  

Il s’agira de la quatrième tentative en moins de deux ans de cet ex-chef de l’armée de chasser du pouvoir le premier ministre Benyamin Nétanyahou, à son poste depuis 2009.

Après trois scrutins les ayant placés au coude-à-coude, MM. Nétanyahou et Gantz avaient formé au printemps un gouvernement d’union qui prévoyait une rotation à sa tête après 18 mois.

Mais le Likoud de M. Nétanyahou et Bleu-Blanc ne sont pas arrivés à s’entendre, entraînant une dissolution du Parlement la semaine dernière.

En pactisant avec le Likoud, M. Gantz avait déjà vu son parti se scinder, la moitié des députés ayant refusé de rejoindre un gouvernement dirigé par M. Nétanyahou, celui-ci étant inculpé de corruption dans plusieurs affaires, des charges qu’il nie.