(Téhéran) Le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, a affirmé mercredi que « les inimitiés » des États-Unis à l’égard de l’Iran ne cesseraient pas avec le départ du président sortant Donald Trump, aux relations très tendues avec la République islamique durant son mandat.

Agence France-Presse

« Vous avez été témoins de ce que l’Amérique de Trump et l’Amérique d’Obama (l’ancien président Barack Obama) vous ont fait », a déclaré l’ayatollah selon son site officiel.

« Les inimitiés ne se limitent pas à l’Amérique de Trump et ne cesseront pas à son départ », a dit le guide suprême, s’adressant aux hauts responsables de son pays et à la famille du général Qassem Soleimani. Chef de la Force Qods, unité d’élite chargée des opérations extérieures des Gardiens de la Révolution, Soleimani a été tué en janvier 2020 par une frappe aérienne américaine en Irak.

L’Iran a tiré dans les jours suivants des missiles vers des bases américaines et d’autres pays membres de la coalition en Irak.

« Ne faites pas confiance à l’ennemi, c’est mon conseil », a ajouté l’ayatollah, réitérant sa position selon laquelle l’Iran devrait se renforcer pour « neutraliser » les sanctions imposées par l’administration Trump.

Joe Biden veut un retour à la diplomatie

Les relations entre Washington et Téhéran sont très tendues depuis la Révolution islamique de 1979, mais elles ont empiré après l’arrivée à la Maison-Blanche de M. Trump, qui a retiré unilatéralement en mai 2018 son pays de l’accord sur le programme nucléaire iranien conclu en 2015 avec les grandes puissances et rétabli de lourdes sanctions contre Téhéran.

Le président américain élu Joe Biden a fait part de sa volonté de reprendre la diplomatie avec l’Iran, mais Khamenei a mis en garde à plusieurs reprises contre l’espoir d’une ouverture avec l’Occident.

La rencontre du numéro un iranien, 81 ans, avec la famille du général Soleimani est sa première apparition publique depuis qu’un membre de son entourage a démenti des rumeurs sur son état de santé la semaine dernière.

Le président Hassan Rohani a affirmé de son côté que son pays était « très heureux » que M. Trump quitte la Maison-Blanche.

Trump qualifié de « terroriste et meurtrier »

Lors d’une réunion du gouvernement, le président iranien a encore qualifié le président américain sortant de « tyran », « terroriste et meurtrier ».

M. Trump « crée des obstacles pour nous empêcher d’acheter des vaccins (contre la COVID-19), c’est dire combien cette personne est dépourvue de tous les principes éthiques et humains », a ajouté M. Rohani.

En théorie, les aliments et les médicaments sont exemptés de sanctions américaines, mais en réalité, les banques internationales ont tendance à refuser les transactions impliquant l’Iran pour éviter d’être exposées à d’éventuels litiges.

L’Iran est le pays le plus touché du Moyen-Orient par la maladie COVID-19, avec plus d’un million de cas, dont plus de 52 800 décès, selon des chiffres officiels.