(Beyrouth) Les donateurs institutionnels ont dévoilé vendredi un plan destiné à reconstruire Beyrouth et à aider sa population après l’explosion au port début août qui a fait plus de 200 morts, estimant à 2,5 milliards de dollars sur 18 mois les fonds nécessaires.

Le plan « de réforme, de relèvement et de reconstruction » ou « cadre 3RF » a été conçu par l’Union européenne, les Nations unies et la Banque mondiale.

Il s’agit d’une feuille de route pour aider les plus vulnérables grâce à des subventions internationales et pour orienter les fonds de reconstruction, en parallèle à de réformes profondes.

La déflagration a été déclenchée par un incendie dans un entrepôt abritant, de l’aveu des autorités, des tonnes de nitrate d’ammonium sans précaution. La tragédie a fait également plus de 6500 blessés et a dévasté des quartiers entiers.

Les « besoins prioritaires » concernant la population « se chiffrent à 584 millions de dollars, dont 426 millions sont attendus la première année », selon le rapport sur le « cadre 3RF » publié vendredi. Les coûts en matière de réforme et de reconstruction « sont estimés à 2 milliards de dollars ».

Mais les trois instances ont prévenu que le soutien international à la reconstruction de la capitale libanaise dépendrait « des avancées crédibles sur le plan des réformes que le gouvernement pourra mettre en avant ».

Ces efforts devront notamment porter sur « l’audit […] de la banque centrale, la réforme du secteur bancaire, le contrôle des capitaux et l’unification du taux de change », ou encore sur la définition d’une « trajectoire crédible et durable vers la viabilité budgétaire ».

Des « avancées sur ces réformes seront fondamentales afin de permettre la mobilisation des financements privés ou de prêts publics […] importants pour la mise en œuvre de grands projets de reconstruction », ont-elles relevé.

Le trio institutionnel a dressé une longue liste de mesures urgentes, dont une « enquête transparente » pour déterminer les causes de l’explosion du 4 août et la promulgation d’une « loi portuaire régissant les opérations de l’autorité portuaire de même que les douanes ».

PHOTO MOHAMED AZAKIR, ARCHIVES REUTERS

Une enquête des autorités libanaises a entraîné l’arrestation de 25 personnes, notamment des responsables du port et des douanes, mais aucune conclusion n’a été publiée à ce stade.

Le Liban est englué depuis plus d’un an dans une profonde crise économique, sociale et politique. Outre une dépréciation historique de sa monnaie et une hyperinflation, le pays est sans gouvernement depuis plus de trois mois.