(Jérusalem) Le Parlement israélien a approuvé mercredi une loi permettant de restreindre les manifestations lors du reconfinement décrété pour lutter contre le nouveau coronavirus, une mesure dénoncée par ses détracteurs comme visant à museler le mouvement de contestation contre le premier ministre Benyamin Nétanyahou.

Agence France-Presse

La loi, votée en dernière lecture par 46 députés contre 38, est la dernière mesure de durcissement des restrictions adoptées par Israël pour lutter contre le taux de contamination au coronavirus le plus élevé au monde.

Le gouvernement est désormais autorisé à déclarer « un état d’urgence spécial dû à la pandémie de coronavirus », d’une durée d’une semaine renouvelable.  

Sous cet « état d’urgence spécial », qui n’a pas encore été décrété, les manifestants ne peuvent pas s’éloigner de plus d’un kilomètre de leur domicile.  

Jusqu’à présent, les manifestations pouvaient avoir lieu si une distance de deux mètres entre les protestataires était respectée ainsi que le port du masque.

Samedi, des milliers de manifestants anti-Nétanyahou se sont rassemblés, comme chaque semaine depuis juillet, devant la résidence à Jérusalem du premier ministre, pour critiquer sa gestion économique et sanitaire de la pandémie mais aussi dénoncer la « corruption » et appeler à un « changement ».

« Antidémocratique »

Le « Mouvement pour un gouvernement de qualité », fer de lance des manifestations anti-Nétanyahou, a saisi la Cour suprême mercredi, estimant que la loi n’avait rien à voir avec la crise sanitaire, mais permettait « de détruire un peu plus la démocratie ».

« Nous allons chercher et trouver des solutions pour continuer à manifester », a promis Amir Haskel, un leader du mouvement, sur les ondes de la radio de l’armée israélienne.

Israël s’était vanté de sa gestion de la pandémie lors de la première vague de contamination au printemps et avait rapidement levé les restrictions afin de remettre l’économie sur les rails.

Mais ces dernières semaines, le pays de neuf millions d’habitants a enregistré le plus fort taux de contamination à la COVID-19, selon les données de l’AFP, et a imposé un confinement généralisé le 18 septembre, durci une semaine plus tard.  

Le pays a recensé officiellement 243 895 malades, dont 1552 décès.

Le ministère de la Santé a annoncé mercredi soir que 212 malades étaient sous respiration artificielle, un chiffre record depuis le début de la pandémie en Israël.

Jusqu’au 11 octobre, écoles, lieux de culte et de loisirs sont fermés, seuls les secteurs de travail jugés « essentiels » sont autorisés à exercer et les Israéliens ne peuvent s’éloigner de plus d’un kilomètre de chez eux que pour faire des courses, se rendre à la pharmacie ou recevoir des soins.

L’État hébreu a annoncé la semaine dernière de nouvelles restrictions sur les vols internationaux et les autorités laissent désormais entendre que le reconfinement sera prolongé au bout des trois semaines préalablement annoncées.

Lors d’une réunion du cabinet ministériel mercredi soir consacrée à la question du prolongement des restrictions, Benyamin Nétanyahou a affirmé que « la stratégie de sortie du confinement serait lente et pourrait durer entre six mois et un an » jusqu’à un retour à la vie normale.