(Kaboul) Au moins 14 membres des forces afghanes ont été tués vendredi dans l’est du pays, selon le gouvernement, lors de la première attaque revendiquée par les insurgés talibans depuis qu’ils ont décrété un cessez-le-feu expirant mardi soir, dont ils n’avaient pas précisé s’il était prolongé.

Agence France-Presse

« La nuit dernière, les moudjahidines ont mené des attaques contre des avant-postes de l’ennemi récemment établis […] dans la province de Paktia », qui ont été « détruits », a tweeté leur porte-parole Zabihullah Mudjahid, ajoutant que quatorze soldats afghans avaient été tués et un capturé.

« L’ennemi a récemment essayé de s’étendre dans les territoires des moudjahidines », a-t-il justifié dans ce texte.

Le ministère de la Défense, dans un communiqué, a fait état de 14 tués et trois blessés dans ses rangs lorsque « les talibans ont violé le cessez-le-feu cette nuit, attaquant un avant-poste de la police de frontières ».

L’assaut a été repoussé, les insurgés souffrant de « lourdes pertes », a déclaré le ministère, quand les talibans affirment ne déplorer que deux morts.

Selon le gouverneur du district de Dande Patan, où l’attaque s’est produite, un « grand » nombre de talibans ont mené un assaut contre un avant-poste tenu par la police des frontières et l’armée afghane.

Après des heures de combats « intenses », 15 membres des forces de sécurité et 20 talibans ont été tués, a déclaré Eid Mohammad Ahmadzai à l’AFP.

C’est la première fois que les talibans revendiquent une attaque, trois jours après l’expiration d’un cessez-le-feu qu’ils avaient décrété samedi à l’occasion de la fin du ramadan et qui avait été largement respecté de dimanche à mardi, quand il était censé prendre fin.

Les journées de mercredi et de jeudi avaient toutefois été plus calmes que d’habitude, malgré des frappes aériennes suivies d’un assaut au sol de l’armée afghane dans la province de Zaboul (sud), qui avait fait 18 morts parmi les « ennemis », selon le porte-parole de la police provinciale.

Quatorze membres des forces de sécurité avaient ensuite été tués jeudi dans deux attaques imputées aux talibans par les autorités, mais que ceux-ci n’avaient pas revendiquées.

Les deux camps poursuivent en parallèle leurs discussions autour d’un échange de prisonniers — jusqu’à 5000 talibans contre 1000 membres des forces afghanes — inclus dans l’accord américano-taliban signé fin février à Doha, mais non ratifié par Kaboul, qui prévoit le retrait des troupes étrangères d’Afghanistan sous quatorze mois en échange de garanties sécuritaires des insurgés.

Les autorités afghanes avaient libéré lundi et mardi un millier de prisonniers talibans dans l’espoir d’aboutir à une reconduction du cessez-le-feu.

Jeudi, 80 policiers et soldats afghans ont été relâchés dans le nord du pays par les insurgés, selon Suhail Shaheen, un autre de leurs porte-paroles. Les deux camps avaient confirmé des discussions jeudi à Kaboul sur ce sujet.