(Dubaï) Un important militant saoudien des droits humains est décédé en prison, où il purgeait une peine de 11 ans, ont indiqué vendredi des ONG, en critiquant le bilan de l’Arabie saoudite en matière de droits humains.  

Agence France-Presse

Abdallah al-Hamid est décédé à 69 ans des suites d’un AVC dont il a souffert début avril dans sa cellule, selon plusieurs groupes de défense des droits humains, dont Amnistie internationale, qui n’a pas précisé la date de son décès.

M. Hamid « était un courageux champion des droits humains en Arabie saoudite », a déclaré Lynn Maalouf, directrice de recherche d’Amnistie internationale pour le Moyen-Orient.  

« Nos pensées vont à sa famille et ses amis, qui […] ont été privés de sa présence ces huit dernières années à cause de la répression inhumaine de l’État » saoudien, a-t-elle ajouté, soulignant que « son travail important continuera de résonner dans la région ».

« Lui, et tous les autres prisonniers de conscience en Arabie saoudite n’auraient jamais dû être emprisonnés », a-t-elle estimé dans un communiqué.

M. Hamid était un des fondateurs de l’Association saoudienne des droits civils et politiques (ACPRA), un important groupe de défense des droits humains fondé en 2009 et dissous en 2013. Il a été condamné en mars 2013 à 11 ans de prison, selon des militants.

Il était accusé d’avoir « rompu l’allégeance » au roi saoudien, « incité au désordre » et d’avoir cherché à déstabiliser la sécurité de l’État, d’après Amnistie.

« Le fait qu’Abdallah al-Hamid ait été forcé de passer ses dernières années en prison, simplement pour avoir critiqué les violations endémiques des droits humains en Arabie saoudite, est impardonnable », a déclaré le directeur adjoint pour le Moyen-Orient de l’ONG Human Rights Watch (HWR), Michael Page, dans un communiqué.  

D’autres membres d’ACPRA ont également été emprisonnés par le passé, dont l’un des cofondateurs du groupe, Mohammad al-Qahtani, condamné en 2013 à 10 ans de prison, a indiqué Amnistie.

Le royaume saoudien est régulièrement critiqué pour son bilan en matière de droits humains.

Depuis que Mohammed ben Salmane est devenu prince héritier en 2017, il est accusé de mener une répression implacable contre toutes les voix discordantes, au sein de la famille royale comme dans le milieu des intellectuels et militants des droits humains.

Son image de réformateur a été grandement ternie par le meurtre du journaliste saoudien, critique du pouvoir, Jamal Khashoggi au sein du consulat d’Arabie saoudite à Istanbul en octobre 2018 qui a entraîné un torrent de critiques à l’international.