(Beyrouth) Deux avions du régime syrien ont été abattus dimanche par l’armée turque dans la région d’Idlib dans le nord-ouest de la Syrie, où Ankara a lancé une offensive contre les forces du président Bachar al-Assad, selon des sources concordantes.

Agence France-Presse

À Damas, l’agence officielle syrienne Sana a indiqué que deux avions avaient été « visés » par l’armée turque, précisant que les deux pilotes s’étaient éjectés et étaient « sains et saufs ».  

En Turquie, le ministère de la Défense a affirmé dans un communiqué que « deux avions [Soukhoi] SU-24 appartenant au régime [syrien] et qui attaquaient nos avions ont été abattus », sans en revendiquer de manière explicite la responsabilité.  

Selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), les deux Soukhoi Su-24 ont été abattus par un F16 de l’armée turque dans les zones tenues par le régime dans la province d’Idlib.  

PHOTO PAUL GYPTEAU, ARCHIVES AGENCE FRANCE-PRESSE

Un avion Soukhoi SU-24 photographié en décembre 2015

La Turquie, qui soutient des groupes rebelles syriens, déploie des forces en Syrie voisine principalement dans la région d’Idlib, grand bastion rebelle et djihadiste que le pouvoir syrien cherche à reprendre.  

Plus tôt dans la journée, la Turquie a annoncé avoir lancé il y a trois jours une « opération » contre le régime syrien à Idlib, en réponse à des attaques ayant tué une trentaine de soldats turcs.  

« L’opération “Bouclier du Printemps”, déclenchée après la vile attaque du 27 février à Idlib, se poursuit avec succès », a déclaré le ministre turc de la Défense Hulusi Akar.  

Cette attaque imputée par Ankara au pouvoir syrien a tué 34 soldats turcs.  

Dimanche également, l’armée syrienne a abattu un drone turc dans la province d’Idlib, près de la ville de Saraqeb, a indiqué Sana en diffusant une vidéo d’un appareil en flammes.  

« Tout avion qui viole notre espace aérien sera traité comme un avion ennemi qui doit être abattu », a dit Sana, citant une source militaire.

Depuis vendredi, 74 soldats syriens ont été tués dans des bombardements turcs dont au moins 26 dans des raids de représailles menés par des drones turcs, d’après l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

Dix membres du Hezbollah libanais, allié de Damas, ainsi quatre autres miliciens pro-Téhéran ont été tués dans les frappes d’Ankara, selon l’OSDH.

Depuis février, les accrochages directs entre les armées syrienne et turque se sont multipliés.  

Le ministre turc de la Défense a toutefois affirmé n’avoir « ni l’intention, ni l’envie d’entrer dans une confrontation avec la Russie ». Principal soutien du régime syrien, l’aviation russe mène régulièrement des frappes dans la région d’Idlib, frontalière de la Turquie.

Avec l’aide de Moscou, le régime syrien mène depuis décembre une offensive d’envergure contre la région d’Idlib et a pu reconquérir la moitié de la province, selon l’OSDH.  

Depuis décembre près d’un million de personnes ont été déplacées par les violences d’après l’ONU et plus de 400 civils ont péri, selon l’OSDH.

Déclenché par des manifestations prodémocratie, le conflit en Syrie s’est complexifié au fil des ans avec l’implication de nombreux acteurs. La guerre a fait plus de 380 000 morts.