(Washington) Un sénateur proche du président Trump décrit les attaques contre des installations pétrolières saoudiennes comme un «acte de guerre», affirmant que l’implication de l’Iran ne faisait aucun doute.  

Agence France-Presse

Pour le républicain Lindsey Graham, il est « évident qu’une attaque aussi sophistiquée ne pourrait pas avoir été menée sans la bénédiction et l’implication directe de l’Iran ».  

REUTERS

Lindsey Graham

«Il s’agit littéralement d’un acte de guerre», a-t-il poursuivi dans un communiqué envoyé après une rencontre entre le vice-président Mike Pence et les sénateurs républicains.  

Le sénateur, qui a l’oreille de Trump, a appelé à «rétablir la dissuasion contre l’agression iranienne».  

L’un des faucons évoluant dans l’entourage de Donald Trump, M. Graham a ajouté que la «réponse mesurée» du président lorsque la République islamique avait abattu un drone américain en juin avait «clairement été perçue par le régime iranien comme un signe de faiblesse».

Un commentaire qui lui a valu une réaction de M. Trump mardi soir sur Twitter.

«Non Lindsey, c’était un signe de force que certaines personnes ne comprennent tout simplement pas!» a lancé le président.  

Lindsey Graham avait dès ce week-end tweeté que Washington devrait envisager d’«attaquer des raffineries iraniennes» en représailles à l’attaque contre des installations pétrolières saoudiennes, ce qui selon lui « viendrait à bout du régime ».  

D’autres élus républicains, dont le sénateur Marco Rubio, ont également affirmé qu’ils n’avaient aucun doute sur la responsabilité de l’Iran. Mais plusieurs ont appelé à la prudence dans le choix de la riposte américaine.  

Le sénateur républicain James Risch, chef de la puissante commission des Affaires étrangères, a écarté la perspective d’une riposte militaire lancée rapidement.

«Nous en sommes très loin. Nous sommes encore en phase d’analyse», a-t-il déclaré aux journalistes.

REUTERS

Si Lindsey Graham a soutenu sans détour Riyad mardi, il avait été plus tôt cette année parmi les voix profondément outrées au Congrès par l’assassinat du journaliste saoudien Jamal Khashoggi.

«Vous pouvez produire autant de pétrole que vous le voulez, cela ne me convaincra pas […] de vous laisser tranquilles lorsque vous découpez quelqu’un en morceaux dans un consulat», avait-il déclaré en juin.  

Le Sénat américain a jugé à l’unanimité que Mohammed ben Salmane, surnommé MBS, était «responsable» de l’assassinat du journaliste saoudien tué en octobre 2018 dans le consulat de son pays à Istanbul. Mais le président américain n’en a pas tenu compte.